Archive | Presse Flux RSS de cette section

À propos de cgtsanofiambares

les salariés de Sanofi à Vertolaye dans l’incertitude

8 décembre 2016

Commentaires fermés

Puy-de-Dôme : les salariés de Sanofi à Vertolaye dans l’incertitude

Publié le 07/12/2016 à 13h53

Puy-de-Dôme : les salariés de Sanofi à Vertolaye dans l'incertitude

150 personnes ont participé à la réunion d’information, lundi soir, à Vertolaye.

Le projet de Sanofi de regrouper en une même entité la production de principes actifs pharmaceutiques pour des tiers, qui concerne directement le site de Vertolaye, inquiète les syndicats. Lundi 5 décembre au soir, ils présentaient le scénario aux élus et à la population.

Venu de Sisteron, le délégué syndical de Sanofi Chimie Jean-Louis Perrin n’en revenait pas. La salle des fêtes de Vertolaye (Puy-de-Dôme) était pleine à craquer, lundi soir.

Salariés, élus, habitants : 150 personnes s’étaient déplacées pour la réunion d’information organisée par l’intersyndicale du site Sanofi de Vertolaye, qui emploie environ huit cents personnes.

Il faut de la cohésion entre nous parce que demain, ça va être difficile

D’une même voix, la CGT, la CFDT et la CFE-CGC avaient souhaité présenter au plus grand nombre le projet du groupe Sanofi de créer, au 1er janvier 2017, « une entité opérationnelle économique autonome, pour la production de principes actifs pharmaceutiques pour des tiers », autrement dit des laboratoires concurrents. D’après le groupe Sanofi, « l’entité rassemblera les activités commerciales, les activités de développement et de production des sites de Vertolaye, d’Elbeuf et d’Ujpest, en Hongrie, dédiées aux clients tiers ».

Ce qui inquiète les syndicats, c’est l’échéancier mis en place par le leader mondial de la santé. « À la mi-2017, la direction va prendre la décision de poursuivre ou pas avec cette entité ». Et de craindre que celle-ci « devienne réellement autonome pour finalement être cédée ».

Un projet « offensif » selon la direction

Le spectre d’une sortie d’un groupe aussi puissant que Sanofi ne fait pas seulement peur aux syndicats. « S’il se passe quelque chose ici, c’est la double peine », a-t-on entendu dans la salle. « Je quitte cette réunion plus angoissé qu’en arrivant », a commenté le député de la 5ème circonscription du Puy-de-Dôme, André Chassaigne (PCF).

Présent à la réunion, le directeur du site Frédéric Briand s’est voulu rassurant, même s’il a affirmé ne pas en savoir plus sur la décision qui sera prise : « Il s’agit d’un projet offensif et non pas défensif. Nous voulons trouver la meilleure solution pour développer notre activité ».

Tandis que la conseillère régionale Myriam Fougère appelait à la « vigilance » et au « dialogue », André Chassaigne annonçait avoir interpellé la commission des affaires économiques de l’Assemblée nationale. Les organisations syndicales et la direction de Sanofi seront auditionnées en janvier.

« On ne lâchera pas le morceau », s’est exclamé le parlementaire, se plaçant ainsi dans l’état d’esprit des salariés de Sanofi. « En janvier, nous proposerons des réunions d’information à la population du site, ajoutait Paul Meira Do Rego, secrétaire du comité d’entreprise du site de Vertolaye. Il faut de la cohésion entre nous parce que demain, ça va être difficile ».

Dans un communiqué, le groupe Sanofi a souhaité préciser qu’il n’y aura « pas d’impact sur les effectifs. Cette nouvelle organisation permettra à Sanofi de gagner en réactivité et ainsi de mieux répondre aux attentes de ses clients tiers ».

Boulots de merde

7 décembre 2016

Commentaires fermés

Boulots de merde dans Presse 9782707185457

Boulots de merde : « On revient à une économie de type féodale, une économie de la domesticité »

http://www.bastamag.net/Intensification-du-travail-Le-patronat-et-ses-relais-politiques-sont-prets-a-l

PAR NOLWENN WEILER 30 NOVEMBRE 2016

 

Produire ou servir plus, avec moins : c’est l’injonction faite à tous les travailleurs, des chaînes de montage automobiles aux couloirs des hôpitaux, en passant par les salles de classe ou les bureaux de poste. A la souffrance de ces boulots dégradés, s’ajoute la précarité grandissante de travailleurs qui quittent le salariat pour la « liberté » de l’auto-entrepreunariat. Une violence sociale féroce dans laquelle les journalistes Julien Brygo et Olivier Cyran ont plongé pour écrire leur ouvrage Boulots de merde. Ils y décrivent l’âpre quotidien de celles et ceux qui exercent des métiers difficiles et souvent utiles, à comparer avec certains boulots très bien payés et plutôt confortables, mais qu’ils jugent socialement nuisibles. Entretien.

 

Basta ! : Le titre de votre livre, Boulots de merde, se réfère au texte de l’anthropologue David Graeber sur les « bullshit jobs » [1]. Il y décrit les métiers absurdes qu’induit le capitalisme financier, tels que ceux exercés par les avocats d’affaire, lesquels s’ennuient prodigieusement au travail. Mais pour vous, les bullshit jobs ne concernent pas que les cols blancs, loin s’en faut. Pourquoi ?

Julien Brygo et Olivier Cyran [2: Nous avons été séduits par cette idée de David Graeber selon laquelle, dans le capitalisme financier, des millions d’individus sont employés à ne rien faire d’utile, comme effectivement les avocats d’affaire : ils sont bien payés et très reconnus socialement, mais ils s’ennuient tellement au travail qu’ils passent leur temps à télécharger des séries ou à réactualiser leur page Facebook. Ceci dit, il nous semble que les « vrais » boulots de merde, ce sont quand même plutôt ceux qui sont exercés en bas de l’échelle sociale dans les secteurs du nettoyage, de la restauration, de la livraison à domicile, de la distribution de prospectus publicitaires, etc. Bref : des métiers pénibles où l’on paie de sa personne, qui participent à la croissance du PIB et à la baisse des chiffres du chômage.

Nous pouvons y ajouter les boulots « utiles » comme les infirmières, les professeurs ou les facteurs, dont les conditions se sont tellement dégradées qu’ils deviennent vraiment « merdiques » eux aussi. Nous avons voulu incarner ces vies et tracer un lien avec les gestionnaires de patrimoine et autres héros financiers tels que les journalistes boursiers, qui exercent des métiers nuisibles socialement : les gestionnaires de patrimoine font partie des organisateurs de ce qui est appelé béatement « l’optimisation fiscale » et qui prive la collectivité des recettes de l’impôt.

« À la faveur de l’entassement des richesses dans les mains d’une élite de plus en plus dodue et capricieuse, le secteur des tâches domestiques où l’on s’abaisse devant son maître se répand », dites-vous. Pouvez-vous détailler ?

Entre 1995 et 2010, dans le monde, le nombre de travailleuses domestiques a grimpé de plus de 60 %. 52 millions de femmes exercent ces « métiers ». Cette hausse correspond à la montée des inégalités. On revient à une économie de type féodale, une économie de la domesticité dans laquelle les plus riches sous-traitent leur confort en employant une nounou, ou bien une, deux ou trois bonnes. Le tout avec le soutien de l’État puisque, par exemple, la gauche plurielle de Lionel Jospin a instauré en France le subventionnement de tous ces métiers via les crédits d’impôts.

Des métiers que l’on croyait disparus, parce que réservés à une époque de semi-esclavagisme, refont leur apparition, comme les cireurs de chaussures, parfois avec l’étiquette « économie sociale et solidaire ». Suite à un appel à projets lancé en 2012 dans le département des Hauts-de-Seine, sous l’égide de Jean Sarkozy, le réseau « les Cireurs » a ainsi obtenu 50 000 euros de subvention au titre de « l’aide à l’économie sociale et solidaire ». Fondé par une diplômée d’école de commerce, ce réseau réunit des individus qui, en contrepartie du droit d’usage de l’enseigne (censée appâter le chaland), acceptent d’être auto-entrepreneurs. Pas d’indemnités en cas d’arrêt maladie, aucun droit aux allocations chômage.

Au lieu d’un salaire, le cireur touche un cachet horaire sur lequel il doit payer lui même une taxe de 23 %. De son côté, la structure démarche des centres commerciaux pour leur vendre l’implantation de ses « artisans cireurs ». Les cireurs paient de leur poche le matériel et l’habillement. S’ils n’ont pas les moyens d’investir, ils peuvent obtenir un prêt accordé par l’association pour le droit à l’initiative économique à un taux d’intérêt compris entre 6 et 8 % ! Au final, la rémunération du cireur est maigre, sa précarité totale. Mais on nous vend un métier « renouvelé », avec des gens qui travaillent « pour eux », sous prétexte qu’ils ne sont pas salariés.

« Je ne gagne pas un Smic, ça c’est clair », dit un cireur de chaussures que vous citez. Mais les auto-entrepreneurs ne sont pas les seuls à travailler à bas coût. Vous expliquez que des millions de salariés travaillent bien en-deçà du Smic.

On entend partout que le Smic c’est « l’ennemi de l’emploi ». Mais le Smic n’existe plus depuis longtemps. Il existe de nombreuses manières de passer outre le salaire minimum. Par exemple, le CDI à temps partiel, avec la pré-quantification du temps de travail. C’est ce qui a été négocié par les géants de la distribution de prospectus publicitaires, Adrexo et Médiapost. Les salariés que nous avons rencontrés travaillent 30% de plus en moyenne que ce qui est indiqué sur leur contrat, et que ce qui leur est payé. Un couple de retraités touchait à peine trois euros de l’heure, soit deux fois et demi moins que le Smic ! La convention collective de la restauration est un autre moyen de faire travailler les gens gratuitement : les heures supplémentaires ne sont pas payées. Résultat ? Les salariés sont payés 24 heures, et en font 60. Le reste étant – parfois – payé au black. Dans les secteurs où la France est championne – le tourisme, la grande distribution, l’hôtellerie-restauration… –, il y a au moins deux millions d’emplois payés entre 25 et 80 % du Smic !

Il y a en fait une vraie fascination du patronat pour le travail gratuit, et les dirigeants politiques s’empressent de leur donner des outils juridiques qui légalisent cette gratuité : prenons le service civique payé deux fois moins qu’un Smic – et même seulement 1/10ème du Smic pour l’employeur – ; ou encore le contrat de professionnalisation auquel recourt beaucoup la grande distribution : pour 150 heures de formation théorique – qui consiste en fait à remplir des rayons ou à faire du nettoyage – l’entreprise touche 2 250 euros par contrat. Le dispositif coûte des millions d’euros aux contribuables chaque année.

Y a-t-il là une spécificité française ?

La grande distribution, c’est une spécialité française. Et le secteur est friand de boulots dégradés. Le projet Europacity (immense centre commercial à proximité de Paris, ndlr), du groupe Mulliez et de sa filiale Immochan, c’est la promesse de 10 000 boulots de merde. Autre secteur passionné par cette économie du « larbinat » : le tourisme. Dans les Alpes, des vallées entières sont de véritables réservoirs à larbinat : tout le monde travaille pour les quelques privilégiés qui peuvent se payer des sports d’hiver. Il y a des contrats prévus pour les CDI à temps partiels, les intermittents, les apprentis, les stagiaires, etc. Précisons que la France est aussi championne du monde des anti-dépresseurs et des médicaments, notamment pour supporter tous ces travaux infernaux.

Le secteur privé n’est pas le seul à malmener les travailleurs. Les fonctionnaires sont eux aussi essorés par les « restructurations » de services et les suppressions de postes en pagaille. Que vous-ont raconté les fonctionnaires que vous avez rencontrés ?

L’obsession pour la réduction des effectifs est un drame. Tout le monde semble s’accorder pour dire qu’il est important de réduire le chômage. C’est constamment dans la bouche des responsables politiques. Mais la phrase d’après, c’est : « Je m’engage à virer 500 000 fonctionnaires ». Parce qu’ils n’arrivent pas à se figurer que des métiers qui ne dégagent pas de marge financière puissent néanmoins être utiles. Tout doit être « rentable ». Nous payons des années de convergence idéologique entre les élites politiques et les détenteurs du capital. Les gens chargés de « réorganiser » drastiquement le CHU de Toulouse, où nous avons fait un reportage, sortent d’écoles de commerce. Ils ont officié chez Carrefour, Pimkie et Danone. Ils se retrouvent à gérer sur ordinateur de l’humain, alors qu’ils ne connaissent que les chiffres.

Les aides soignantes et les infirmières sont censées remplir des chiffres bêtement sans se poser de questions. Elles doivent soigner tant de malades en une journée, peu importent les spécificités des personnes malades ou les imprévus. Elles ont tant à faire en si peu de temps que leur travail est devenu impossible (Ndlr : lire notre article sur le sujet : Sauver des vies en temps de crise : le difficile quotidien des infirmiers). En fin de journée, elles sont épuisées et complètement stressées parce qu’elles ne savent plus si elles ont posé correctement telle perfusion, donné tel médicament à la bonne personne au bon moment…

Tous les services publics sont touchés par cette recherche de rentabilité. Les facteurs se sont ainsi transformés en vendeurs de systèmes de télésurveillance, ou en promeneurs de chiens. L’objectif est de soutirer de l’argent à cette importante manne financière que sont les vieux en France. Cela porte évidemment atteinte à la dignité des facteurs, qui ont toujours aidé les plus anciens au cours de leurs tournées, mais gratuitement ! Les policiers de leur côté sont devenus des machines à gazer des manifestants ou des réfugiés. Certains en ressentent un certain malaise. Être obligé de reconduire tant de migrants à la frontière chaque année, cela n’est pas sans conséquences mentales sur les personnes.

Vous expliquez que tous ces « remaniements » de services publics sont inspirés du « lean management », une méthode élaborée dans les années 1950 au Japon par les ingénieurs de Toyota, et revue par le très libéral Massachusetts Institute of Technology (MIT) aux États-Unis au début des années 1990. Comment cela se traduit-il dans le monde du travail ?

Le « lean management » est devenu la marotte des directions de ressources humaines, et s’immisce et se propage dans tous les secteurs du monde du travail : dans les multinationales ou les services publics, chez les gros industriels et les sous-traitants. Il consiste à imposer aux salariés de faire plus avec moins, en s’attaquant notamment à tous les temps morts : les pauses jugées superflues, les respirations qualifiées d’improductives, toutes les minutes qui ne sont pas « rentables ». Dans nos reportages, tout montre que les travailleurs n’arrivent pas à faire face à cette intensification du travail. Ce qu’on leur impose en terme de rythme et d’objectifs n’a plus de sens. Nous nous dirigeons vers un état de souffrance au travail généralisée. Il y a des vagues de suicides partout. Et on parle là des secteurs de la santé ou de l’éducation : ce sont des secteurs fondamentaux de notre vie sociale.

Tout cela ne se fait-il pas avec le prétendu assentiment des salariés, que l’on somme de participer au changement organisationnel ?

Si. C’est toute la perfidie du « lean management ». On donne aux salariés l’illusion qu’ils peuvent changer le système ; en fait on les oblige à accepter de se faire humilier. C’est le principe de la bonne idée rémunérée chez PSA : 300 euros pour l’idée simple, 500 euros pour la super idée, 1 000 euros pour l’excellente idée. On fait croire aux salariés qu’ils sont d’accord et qu’ils valident le système. Alors que c’est faux, bien entendu. Neuf salariés sur dix pensent qu’ils ont besoin de plus de collègues, et de plus de temps pour pouvoir bien faire les choses. Un infirmer de Toulouse nous a expliqué qu’il a besoin de moins de produits anesthésiants lorsqu’il prend le temps de parler avec ses patients avant de les endormir. Mais ce n’est pas du tout intégré par la nouvelle organisation. Il doit faire vite, endormir tant de patients en une journée, peu importe si pour cela il doit consommer plus de produits. Toute cette organisation du travail a des effets criminels : il y a eu quatre suicides cet été à l’hôpital de Toulouse.

En France, la « loi travail », qui a fait l’objet d’une intense mobilisation durant l’année 2016, a-t-elle pour conséquence d’entériner ces méthodes ?

Avec cette loi, qui vise à faire passer le code du travail au second plan, on s’éloigne encore davantage du principe « une heure travaillée = une heure payée ». Elle est taillée sur mesure pour les entreprises qui veulent en finir avec le salariat. L’article 27 bis précise par exemple qu’il n’y a pas de lien de subordination entre les plate-formes de mise en relation par voie électronique comme Uber et les auto-entrepreneurs qui travaillent pour elles. C’est ce lien qui définit le salariat et permet entre autres aux travailleurs d’aller aux Prud’hommes faire valoir leurs droits. On désarme complètement les travailleurs, alors qu’ils subissent un vrai lien de subordination – ce sont les plate-formes qui leur donnent du travail, évaluent les travailleurs et les sanctionnent – sans les compensations garanties par le statut salarié.

Un livreur à vélo pour une « appli » de repas à domicile le souligne dans notre livre : « Pour arriver à un salaire intéressant, il faut travailler une soixantaine d’heures par semaine. Sur ce revenu, il faut payer environ 23% d’impôts au titre de l’auto-entrepreneuriat. L’arnaque totale. T’es taxé alors que eux, tes patrons, ils ne paient aucune cotisation sociale. » Les livreurs sont incités à aller très vite, quitte à frôler les accidents, étant donné qu’ils sont payés à la course. Et celui qui tombe de son vélo, il se fait non pas virer, mais « éliminer ». Il « quitte le jeu », en quelque sorte. Il ne touche plus aucun salaire, ni aucune indemnité. C’est un système d’une violence incroyable, qui se fait passer pour cool, jeune et dynamique. Les livreurs n’ont pas le droit au scooter, ils ne doivent rouler qu’à vélo – qu’ils doivent se procurer eux-mêmes – parce que cela donne une image écolo à l’entreprise…

Vous reprochez aux médias leur complicité avec ces conceptions très libérales du travail…

Les médias jouent un rôle central dans la diffusion de cette idée sous-jacente que la précarisation est nécessaire. Il faut travailler pour avoir une existence sociale quels que soient l’emploi et les conditions de travail. Le fait de donner chaque mois les chiffres du chômage nous plonge dans une vision statisticienne du monde, avec cet objectif de faire baisser le chômage quoi qu’il en coûte. Les journalistes relaient avec beaucoup de zèle cette idée selon laquelle « mieux vaut un mauvais travail que pas de travail du tout ». Cela devient légitime d’accepter un boulot de merde simplement parce qu’il est proposé. Évidemment, pour rien au monde les journalistes ne feraient ces boulots de merde. Nous avons là une vision de classe.

Les médias jouent aussi beaucoup avec la culpabilisation du chômage, en répétant sans cesse à quel point c’est honteux de ne pas travailler, et en enchaînant les « Une » sur les avantages de l’auto-entreprenariat. Nous sommes étonnés de constater, même autour de nous, à quel point les gens ont honte de dire qu’ils touchent des prestations sociales. Alors que cet argent, les gens l’ont cotisé, via leurs boulots antérieurs. Ce sont des garde-fous qui ont été mis en place pour éviter que des gens ne tombent dans la misère totale.

Les médias sont par ailleurs très sévères quand ils décrivent les luttes sociales, comparant volontiers les grévistes avec des preneurs d’otages, ou les manifestants avec des casseurs. Entre ces jugements très négatifs et la répression qui va grandissante, les luttes collectives peuvent-elles se faire une place, et redonner du sens au travail ? 

Il nous semble que le patronat va tout faire pour imposer l’idée selon laquelle il faut qu’on accepte cette société de mini-jobs, sans salaire minimum, avec des contrats « modernes », c’est-à-dire au rabais, davantage proche de l’auto-entrepreunariat que du salariat avec ses « acquis » sociaux qu’ils jugent « insupportables ». Au niveau juridique et législatif, tout est bouché. L’inspection du travail est attaquée de front. Les procédures prud’hommales engendrent parfois plus de cinq ans d’attente – et de paperasse – pour obtenir réparation et se faire rembourser l’argent volé. C’est un combat très inégal.

La criminalisation des mouvement sociaux et la répression des luttes collectives répondent à l’obsession politique clairement formulée qui vise à désarmer la CGT : ils veulent empêcher les travailleurs de reprendre le contrôle de leur travail et d’exercer leur capacité de nuisance sociale afin d’inverser un rapport de force. Cela indique que le patronat et ses relais politiques sont prêts à un affrontement, qu’ils exigent même la violence de cet affrontement.

Ils veulent faire sauter les derniers verrous, ils veulent une société sans filets, où quelques privilégiés auront accès à des métiers survalorisés socialement et correspondant même à des compétences, tandis qu’en bas, ils poseront les jalons d’une société de logisticiens du dernier mètre payés à la tâche, esclaves des machines et de l’auto-exploitation auquel le capitalisme les auront assignés presque naturellement. Et lorsque le logisticien sera remplacé, il pourra toujours louer sa maison, sa guitare, sa voiture, pourquoi pas vendre père et mère, pour ne pas sombrer dans la misère ni « vivre avec la honte » d’être un « assisté ». On va sans doute aller vers une radicalisation des mouvements sociaux. Avec une grande répression derrière. C’est la seule possibilité pour le libéralisme économique de continuer à structurer nos vies : par la force.

Propos recueillis par Nolwenn Weiler

AIR FRANCE – Déclaration CGT suite décision du tribunal de Bobigny

1 décembre 2016

Commentaires fermés

Air France - décision tribunal pour les 16

Dépakine, le parcours du combattant vers l’indemnisation

17 novembre 2016

Commentaires fermés

DANIEL ROUCOUS     JEUDI, 17 NOVEMBRE, 2016    HUMANITE.FR
Dépakine, le parcours du combattant vers l'indemnisation dans Presse

AFP

Les victimes de la Dépakine et autres valproates bénéficieront d’une indemnisation sans passer par la case justice mais pas avant le 1er juillet 2017 et après décision d’un comité d’experts controversé.

 

Les faits

14 322 femmes et environ 15 000 enfants ont été exposés aux effets de la Dépakine et autres médicaments à base de valproate de sodium (Dépakote, Dépamide, Micropakine etc.) entre 2007 et 2014. Ces chiffres sont à réviser à la hausse (50 000 à 70 000 victimes selon l’association Apesac) dans la mesure où le laboratoire Sanofi commercialise ces médicaments sous ces marques depuis 1967 !

Ces médicaments prescrits pour traiter l’épilepsie ainsi qu’en traitement du trouble bipolaire n’est pas conseillé aux femmes enceintes. Pourquoi ? Parce qu’il y a risque de malformations congénitales chez l’enfant (anomalies de fermeture du tube neural, autisme et troubles similaires).

Certes dans les boîtes de médicaments il y a des notices qui informent sur leur utilisation en cas de grossesse. Mais ces notices servent surtout aux fabricants (labos) de dégager leur responsabilité. C’est d’ailleurs ce qu’avancent les experts judiciaires en affirmant qu’il n’y a pas de défaut d’information de la part de Sanofi !

Peut-être mais l’information est-elle suffisante ?

Pas sur quand on sait que les victimes ont fait davantage confiance à leurs médecins qu’aux longues et peu lisibles notices.

Surement pas puisque le ministre de la Santé le reconnaît en annonçant dans un communique-du-24-aout-2016 « un renforcement de l’information liée à la prise de ces médicaments au moyen d’un pictogramme sur les boîtes ».

Toujours est-il qu’il a fallu que soit rendue publique une etude-ANSM-Assurance-maladie pour dénoncer ce scandale vieux de près de 50 ans et faire bouger les autorités.

Dans le même temps, l’ANSM (Agence nationale de sécurité du médicament) a envoyé à tous les médecins une lettre-aux-professionnels-de-sante en date du 26 mai 2015 leur expliquant les nouvelles conditions de prescription et de délivrance de tous les médicaments à base de valproate de sodium dont la Dépakine.

Jusqu’alors les médecins ont prescrit ces médicaments aux femmes enceintes sans les avertir des risques selon 66millionsdimpatients/le-scandale-depakine-stop-ou-encore

On relira avec intérêt, l’analyse que L’Humanité Dimanche en avait faite alors sur http://www.humanite.fr/la-depakine-meres-soignees-enfants-handicapes et en pièce jointe sur le manquement grave des autorités de contrôle.

 

La décision des autorités

Le ministère de la Santé avait annoncé le 24 août 2016 la prise en charge médicale et l’indemnisation des victimes. Celles-ci ont actuellement recours à la justice pour se faire indemniser par Sanofi.

Cette annonce vient de se concrétiser par un amendement au projet de loi de finances pour 2017 qui ouvre la possibilité pour les victimes (y compris pour celles qui ont déjà intenté une action en justice) de se faire indemniser par l’ONIAM (office national d’indemnisation des accidents médicaux). Cet amendement est téléchargeable sur http://www.assemblee-nationale.fr/14/amendements/4061C/AN/1131.asp

Dans le même temps est paru un decret-du-26-septembre-2016 qui autorise depuis le 28 septembre 2016 l’action de groupe pour incriminer un médicament ou un dispositif de santé défectueux. Ce qui permet de ne pas agir seule en justice pour l’instant, devant l’ONIAM à partir du 1er juillet 2017… mais en groupe, par exemple avec l’appui d’une association de victimes.

Ca bouge donc mais… la saisine de l’ONIAM sur www.oniam.fr ne sera pas une formalité. En effet, ce sera un collège d’experts qui décidera de l’imputabilité des dommages à la prescription du valproate de sodium (Dépakine, Dépakote, Dépamide, Micropakine et autres génériques) pendant une grossesse. Ces experts dont la neutralité est déjà mise en cause par l’Apesac – depeche-AFP-15-novembre-2016 - auront 4 mois à compter de la réception du dossier complet pour décider si c’est oui ou non.

Si c’est d’accord, les victimes ne seront pas indemnisées pour autant puisqu’elles devront attendre 3 autres mois que l’ONIAM fixe le montant de l’indemnisation, au vu « des circonstances, des causes, de la nature et l’étendue de ces dommages » !

Soit 7 mois d’attente et encore. Les responsables désignés par l’ONIAM à savoir Sanofi qui a dores et déjà refusé toute indemnisation à l’amiable ou l’Etat au titre de ses pouvoirs de sécurité sanitaire ou les professionnels de la santé (le médecin qui n’a pas informé ses patientes) disposeront d’un mois pour faire une offre à la victime.

Celle-ci ne verra pas pour autant la couleur d’un euro puisque le responsable désigné peut contester le montant ou ne pas donner suite (cela lui sera permis par la loi). Dans ce cas, la victime (le demandeur dans le texte) devra se retourner vers l’ONIAM qui disposera à nouveau de 3 mois pour lui faire une offre au nom du responsable et en régler le montant.

L’attente d’une indemnisation serait alors de 11 mois !

C’est pourquoi les associations de défense des victimes de la Dépakine et dérivés exigent une indemnisation globale y compris pour les victimes d’autres médicaments moins médiatisés comme le Distilbène depeche-AFP-16-11-2016

Lire notre entretien avec Arnaud de Broce, vice-président du CISS et secrétaire de la FNATH http://www.humanite.fr/toutes-les-victimes-de-tous-les-medicaments-doivent-etre-indemnisees-626375

 

Le recours des victimes

Pour l’instant, elles doivent continuer à agir en justice si possible en groupe puisque le décret le permet et/ou par l’intermédiaire d’une association des victimes :

http://www.apesac.org/ tel 09.53.05.07.99

http://www.fnath.org/ tel 04.77.49.42.42

www.cadus.fr tel 02.41.45.18.45

reseau-DES-france  tel 05 58 75 50 04

http://www.amalyste.fr  tel 01 60 29 63 74

A partir du 1er juillet 2017, elles devront saisir l’ONIAM sur www.oniam.frseules ou de préférence en groupe avec l’appui des associations mentionnées ci-dessus. Il sera procéder comme expliqué au chapitre précédent et selon une procédure qui reste à définir par le ministère de la santé.

Le défenseur des droits peut également être saisisur http://www.defenseurdesdroits.fr/droits-des-patients

 

 

INFOS +

- La notice remise à jour de la Dépakine http://base-donnees-publique.medicaments.gouv.fr/

- les traitements longs quelles-regles-de-delivrance

- le plan d’action du ministère de la santé sur la prescription des medicaments-a-base-de valproate

- le rapport de l’IGAS sur les médicaments conntenant du volproate de sodium http://www.igas.gouv.fr

- les droits et recours des patients contre les médicaments défectueux et les erreurs médicales http://www.leciss.org/sites/default/files/Droits-des-malades-recours-systeme-de-sante.pdf

 

 

Document à télécharger:

Tefal. Condamnation scandaleuse en appel de l’inspectrice du travail Laura Pfeiffer et du salarié lanceur d’alerte

16 novembre 2016

Commentaires fermés

MERCREDI, 16 NOVEMBRE, 2016 HUMANITE.FR

Communiqué de l’intersyndicale CGT-SUD-SNU-FO-CNT, le 16 novembre 2016. Nous sommes consternés par ce jugement à l’encontre d’une inspectrice du travail qui est condamnée pour avoir fait son travail et dénoncé les pratiques de la multinationale visant à l’écarter de son poste avec le relais de sa hiérarchie. Nous nous insurgeons contre cette nouvelle condamnation d’un salarié lanceur d’alerte et ne pouvons que constater que la justice française, au-delà des discours convenus, ne protège pas ceux et celles qui risquent leur emploi pour dénoncer les pratiques délictueuses des entreprises.

Le délibéré du procès en appel de l’« Affaire TEFAL » est tombé ce mercredi 16 novembre 2016. L’inspectrice du travail Laura Pfeiffer et le salarié lanceur d’alerte ont vus leur condamnation de première instance confirmées en tous points par la Cour d’appel de Chambéry. Ils avaient été condamnés en première instance à 3500 euros d’amende avec sursis, notamment pour violation du secret professionnel et recel de documents volés. Le procès en appel s’était déroulé le 14 septembre 2016 à Chambéry.

Nous sommes consternés par ce jugement à l’encontre d’une inspectrice du travail qui est condamnée pour avoir fait son travail et dénoncé les pratiques de la multinationale visant à l’écarter de son poste avec le relais de sa hiérarchie. Nous nous insurgeons contre cette nouvelle condamnation d’un salarié lanceur d’alerte et ne pouvons que constater que la justice française, au-delà des discours convenus, ne protège pas ceux et celles qui risquent leur emploi pour dénoncer les pratiques délictueuses des entreprises.

La confirmation de la condamnation de Laura Pfeiffer et du salarié lanceur d’alerte ne peut que provoquer un sentiment d’indignation. Il est inacceptable de nous empêcher d’alerter les syndicats chargés de défendre nos missions lorsque l’on fait obstacle à celles-ci.

Cette indignation est renforcée par la décision récente du parquet d’Annecy de classer sans suite les plaintes de notre collègue contre sa hiérarchie et contre l’entreprise TEFAL pour obstacle à ses fonctions. Il y a bien deux poids et deux mesures et la justice se rend complice des stratégies des entreprises pour échapper à leurs obligations. Désormais, des milliers de patrons pourront s’appuyer sur ce jugement pour licencier des salariés et pour porter plainte contre ceux et celles dont la fonction est de faire respecter les droits des salariés. Certains n’ont d’ailleurs pas tardé à le comprendre : des plaintes contre des agents de contrôles se sont multipliées, en particulier dans le département de la Haute-Savoie.

Cette situation a été largement favorisée par l’absence de condamnation publique des agissements de TEFAL et l’absence de soutien à Laura par la hiérarchie du ministère du travail (à tous les échelons, jusqu’à la Ministre) Les agents de l’inspection du travail réalisent à travers cette affaire TEFAL et la condamnation de Laura Pfeiffer qu’ils ne peuvent pas compter sur le soutien de leur hiérarchie en cas de mise en cause pénale, même lorsqu’ils sont victimes de pressions extérieures indues et d’obstacle à leur fonction. Le silence de la hiérarchie locale et régionale ainsi que du ministère du travail, qui dure depuis presque trois ans, est révoltant car il met les agents en situation d’insécurité dès lors qu’ils vont faire un contrôle.

La Ministre du travail elle-même se fait le relais des exigences du patronat de museler notre corps de contrôle. La loi El Khomri a introduit un « amendement TEFAL » prévoyant un code de déontologie de l’inspection du travail qui fixera « les règles » que doivent respecter les agents de l’inspection. Loin d’être protecteur des agents et des usagers il a tout d’un arsenal disciplinaire destiné à museler encore plus l’inspection du travail.

Cette condamnation s’inscrit dans un contexte plus large de criminalisation des mouvements sociaux (GOODYEAR, CONTINENTAL, AIR FRANCE, …) et de répression des mobilisations (loi travail). Elle vient ainsi s’ajouter à la liste déjà longue des injustices sociales et des attaques contre les droits des salariés.

Aujourd’hui comme hier, les organisations syndicales réaffirment avec force que :

  • Il n’est pas possible de condamner une inspectrice du travail, qui dans le cadre de son travail, a dénoncé auprès de nos organisations syndicales les pressions visant à faire obstacle à ses missions,
  • Il n’est pas possible de condamner un lanceur d’alerte pour avoir joué ce rôle essentiel de dénonciation des délits d’une entreprise,
  • Il n’est pas acceptable d’être condamné pour recel de documents confidentiels alors que les documents qui nous ont été transmis démontrent les pressions indues exercées par l’entreprise pour écarter l’inspectrice du travail gênante ainsi que le relais de sa hiérarchie.

Nous n’acceptons pas ce jugement et poursuivrons avec toutes les voies judiciaires offertes le combat pour leur relaxe pure et simple, comme nous poursuivrons nos combats aux côtés des agents et des salariés.

Nous étions en colère le 4 décembre 2015, et croyez bien que nous le sommes encore aujourd’hui car le mépris décomplexé des différents protagonistes pour l’inspection du travail et la condition des travailleurs nous est insupportable.

Nous exigeons de la Ministre du travail, Myriam El Khomri :

  • La reconnaissance des accidents de service de notre collègue,
  • Qu’elle fasse appel du classement des procédures à l’encontre de TEFAL par le Parquet d’Annecy,
  • Qu’elle condamne les agissements de TEFAL,
  • Qu’elle réaffirme publiquement les prérogatives des agents de l’inspection du travail et la légitimité de nos contrôles dans les entreprises.

Les agents de l’inspection du travail et les lanceurs d’alerte ne sont pas des délinquants !

Communiqué de l’intersyndicale CGT-SUD-SNU-FO-CNT, le 16 novembre 2016.

Sanofi réfléchit à l’avenir de son site d’Holmes Chapel

15 novembre 2016

Commentaires fermés

Sanofi réfléchit à l’avenir de son site d’Holmes Chapel

Le 14 novembre 2016 par H.B.

Selon une note interne adressée aux employés, que nous avons pu nous procurer, Sanofi a avoué aux employés de son site d’Holmes Chapel (Royaume-Uni) qu’il avait « pris la décision d’initier une due-diligence en vue de se désinvestir du site ». Invoquant la concurrence toujours plus rude, Sanofi leur a précisé qu’il avait décidé de « déployer ses ressources dans d’autres domaines thérapeutiques »En pleine réorganisation de son activité et après avoir annoncé qu’il allait céder son activité générique en Europe (CPH n°779), Sanofi a essayé de rassurer ses salariés britanniques, en précisant bien que rien n’était joué pour le moment et qu’il ne s’agissait pour l’heure que d’« étudier les options possibles quant au futur » de son site de production d’Holmes Chapel, localisé près de Liverpool. « Nous avons réussi à augmenter l’activité du site d’Holmes Chapel au cours de ces dernières années », se félicite Jean Stephenson, le directeur du site, qui signe la note interne. « Dans un effort collectif, nous avons été capables d’attirer d’importants projets externes qui, à partir de 2017, représenteront la majeure partie des activités du site. Dans ce contexte, Sanofi a décidé d’explorer les différentes options possibles au sujet de la propriété du site, de façon à assurer le meilleur avenir possible pour le développement du site en cours. » Le but de l’étude est d’évaluer si les futures opportunités du site seront mieux servies en le conservant dans le giron industriel de Sanofi ou en le transférant à un tiers, ce qui laisse peu de place au doute, au vu de la teneur de cette note. Pour autant, Sanofi reconnaît l’importance stratégique de son unité d’Holmes Chapel, car celle-ci est la seule du groupe pour la production de ses inhalateurs à dose mesurée et de ses inhalateurs à poudre sèche, utilisés dans le traitement de maladies respiratoires. Mais l’activité à destination de tiers, qui représente actuellement 35 % de l’activité totale du site, est amenée à passer à 55 % en 2019. Sans doute une part trop importante pour le géant pharmaceutique. L’unité d’Holmes Chapel emploie actuellement 500 salariés.

 

CAC 40 : les patrons s’en mettent plein les poches

15 novembre 2016

Commentaires fermés

ANALYSE

CAC40 : les boss à la noce

Par Jérôme Lefilliâtre — 14 novembre 2016 à 20:46
CAC40 : les boss à la noce
CAC40 : les boss à la noce BiG

Le cabinet Proxinvest s’alarme de l’augmentation de 18 % des sommes empochées par les grands patrons en 2015. En moyenne, ces derniers ont gagné chacun l’équivalent de 249 Smic annuels.

  • CAC 40 : les patrons s’en mettent plein les poches

La modération salariale n’a plus cours dans les hautes sphères économiques. Après plusieurs années de relative stabilité, la rémunération totale des patrons du CAC 40 s’est envolée de 18% au titre de l’exercice 2015. Elle s’est élevée en moyenne à 4,97 millions d’euros. Un tel montant n’avait plus été atteint depuis 2006. Rapportée à la croissance de seulement 2,3 % des salaires en France (selon Aon Hewitt, société spécialisée en assurance et RH), cette hausse «présente un caractère explosif pour la société civile»,s’alarme le très sérieux cabinet Proxinvest, auteur de cette étude annuelle publiée pour la dix-huitième fois. Ce message d’alerte est d’autant plus fort qu’il n’émane pas d’un repaire de militants anticapitalistes. Société de conseil aux investisseurs et aux boursicoteurs, Proxinvest estime que «le plafond de rémunération maximale socialement acceptable» se situe au niveau, déjà très contestable, de 240 Smic. Soit 4,8 millions d’euros. Or, nous voici au-dessus, à 249 Smic et 140 fois le salaire brut moyen de la population…

Parmi les 120 plus grosses entreprises cotées en France, 26 présidents exécutifs ont dépassé en 2015 ce palier symbolique, contre 16 seulement en 2014. L’explosion des salaires de patrons ne concerne d’ailleurs pas que l’élite du CAC 40. Sorte de deuxième division du business français, le SBF 80, qui regroupe les 80 sociétés cotées à la remorque du CAC, fait encore mieux – ou pire, c’est selon. Il a battu un record en 2015, avec une rémunération moyenne de 2,8 millions d’euros, en augmentation de 23 % sur un an…

Déconnectée

Comment expliquer cette croissance intempestive ? A Proxinvest, on se gratte la tête en observant les chiffres. «C’est difficile de lui trouver des raisons objectives, relève Alexandra Gyarmati, analyste au cabinet. J’ai été étonnée des résultats lorsque j’ai terminé l’étude et j’ai recompté plusieurs fois pour voir si je ne m’étais pas trompée. Les grandes entreprises se sentent sans doute un peu plus à l’aise économiquement.» A 18 % pour le seul CAC 40, la hausse paraît néanmoins déconnectée de la réalité conjoncturelle, comme si les conseils d’administration en charge des émoluments des dirigeants s’étaient lâchés. En 2015, l’indice phare de la place parisienne n’a progressé que de 8,5 %. D’après Proxinvest, le chiffre d’affaires cumulé des 40 plus grandes sociétés cotées a diminué de 3 %, tandis que leur résultat net a plongé de 11 %. Autrement dit, l’année n’a pas été faste. Sauf pour les dirigeants.

 CAC 40 : les patrons s'en mettent plein les poches dans Presse

(Infographie BIG)

Parmi eux, le mieux loti se nomme Olivier Brandicourt. Le directeur général du laboratoire pharmaceutique Sanofi, où un plan de suppression de 600 emplois a été annoncé en février, a empoché une rémunération totale de 16,8 millions d’euros l’an dernier. Lors de la dernière assemblée générale de l’entreprise, les actionnaires n’avaient approuvé sa rétribution qu’à 63 %. Dans le monde feutré des affaires, cela équivaut à un désaveu. Sur le podium l’accompagnent un inconnu, Gilles Gobin, le fondateur-gérant de Rubis, une boîte de stockage et de distribution de produits énergétiques (16,4 millions) et l’inévitable boss de Renault-Nissan, Carlos Ghosn (15,6 millions d’euros), dont le salaire avait provoqué une polémique au printemps. Suivent les dirigeants respectifs de Dassault Systèmes et Schneider Electric, Bernard Charlès (14,5 millions) et Jean-Pascal Tricoire (10,4 millions).

A LIRE AUSSIFiscalité des actions gratuites: Sapin au chevet des patrons

Dans le détail, «on constate que toutes les composantes des rémunérations augmentent, d’où la hausse globale importante. On ne peut pas en détacher une en particulier», fait remarquer Alexandra Gyarmati. La structure de la rémunération moyenne, entre salaire fixe, salaire variable, stock-options, actions de performance et autres revenus, a peu bougé en proportion depuis trois ans. Néanmoins, des disparités d’évolution existent. Dans le CAC 40, tandis que le fixe progressait de 1 % et le variable annuel de 16 %, la rémunération actionnariale, mêlant actions et options, a explosé de plus de 40 %. Cette hausse s’explique surtout par la distribution à tire-larigot d’actions gratuites, la nouvelle manne qui remplace dans le milieu des grands patrons les décriées et désormais surtaxées stock-options. Il faut dire que la loi Macron, promulguée en août 2015, a largement assoupli leurs conditions de détention et d’imposition (lire ci-contre). Dans les multinationales du CAC, leur montant cumulé a doublé depuis 2012 et augmenté de 57 % rien qu’entre 2014 et 2015. Le phénomène est tel qu’il provoque une sorte de ras-le-bol au sein de Proxinvest : «Les présidents du CAC 40 ont abusé de l’attribution d’actions gratuites», dénonce la société de conseil. Champion de cette catégorie, Bernard Charlès, le boss de l’éditeur de logiciels Dassault Systèmes (membre du SBF 80), en a reçu pour 11,7 millions d’euros en 2015. Chez Sanofi, elles constituent plus de la moitié des émoluments d’Olivier Brandicourt.

Amendement

«L’autorégulation de la rémunération des dirigeants par les administrateurs montre ses limites», conclut Proxinvest. C’est le choix qui a été effectué au début de son mandat par François Hollande pour les entreprises privées (les salaires ont été plafonnés dans les entreprises publiques). En 2013, la gauche s’est contentée d’accompagner le renforcement du «code de gouvernance» dicté par des instances patronales comme le Medef et l’Afep (Association française des entreprises privées). Avec un succès très mitigé, donc, dont le gouvernement a fini par prendre conscience. Par le biais d’un amendement parlementaire ajouté à la loi Sapin II, il a accepté de «rendre contraignant le vote des actionnaires en assemblée générale sur le niveau des rémunérations des dirigeants». Seulement consultatif jusque-là, ce principe dit du «say on pay» n’a pas empêché Carlos Ghosn, chez Renault, de toucher son chèque comme prévu, malgré un suffrage défavorable cette année. Ni, tout récemment, l’ancien PDG d’Alstom Patrick Kron d’empocher 6,5 millions d’euros : le conseil d’administration du groupe a maintenu cette «prime de départ déguisée» envers et contre le veto voté à 62 % par l’assemblée des actionnaires (lire Libération du 11 novembre). Proxinvest relève qu’il aura perçu «un total de rémunération de 33 millions d’euros en dix ans malgré un cours en forte baisse et l’obligation finale de céder la branche énergie» d’Alstom à GE. Ou comment récompenser l’échec en toute décontraction.

Jérôme Lefilliâtre

Les revenus des grands patrons français sur des records en 2016

13 novembre 2016

Commentaires fermés

Les revenus des grands patrons français sur des records en 2016

La rémunération globale des patrons des 120 plus grandes entreprises françaises cotées a atteint 3,5 millions d’euros en 2015, en hausse de 20% par rapport à 2014, selon le cabinet Proxinvest. Cinq d’entre eux ont touché plus de 10 ME…

Les revenus des grands patrons français sur des records en 2015Crédit photo © Sanofi

(Boursier.com) — Les revenus des grands patrons français ont atteint des records en 2015… En moyenne, les dirigeants des 120 sociétés composant l’indice boursier SBF 120 ont touché 3,5 millions d’euros l’an dernier, une hausse de 20% par rapport à 2014.

Ces chiffres, publiés par le cabinet de conseil aux investisseurs Proxinvest, comprennent tous les types de rémunération: salaire fixe, bonus annuel, jetons de présence, avantages en nature, stock-options et actions gratuites de performance à leur date d’attribution, intéressement en numéraire et autres formes indirectes de rémunération.

Des rémunérations déconnectées des performances financières des sociétés

Pour les plus grosses sociétés, celles composant le CAC 40, la rémunération moyenne atteint 5 millions d’euros, en hausse de 18% par rapport à 2014. Proxinvest souligne dans son rapport annuel sur les rémunérations que ce montant excède désormais la rémunération maximale socialement acceptable, que le cabinet a fixé à 240 fois le SMIC (4,8 ME).

Le cabinet souligne aussi que les performances économiques des entreprises observées en 2015 « semblent justifier certaines réserves sur l’ampleur de l’augmentation et sur les niveaux observés ».

Ainsi, l’indice CAC 40 aura vu des performances contrastées en son sein… Globalement, l’indice a grimpé de 8,5% en 2015, alors que le chiffre d’affaire cumulé de ses membres a baissé de 3%, le résultat opérationnel cumulé a reculé de 7% et les bénéfices nets cumulés ont cédé 11%, explique Proxinvest.

Les patrons de Sanofi, Rubis et Renault en trio de tête

Pour la première fois depuis 2005, les rémunérations des 5 patrons les mieux payés ont dépassé 10 millions d’euros par an. Le Directeur Général de Sanofi, Olivier Brandicourt, arrive en tête avec 16,8 ME, dont 7,2 ME de « primes de bienvenue » octroyées sous la forme d’indemnités et d’actions gratuites de performance. Gilles Gobin, fondateur de Rubis, est deuxième avec 16,4 ME, incluant la quote-part d’un dividende d’associé commandité égal à 3% de la hausse de la capitalisation boursière sur l’année…

Carlos Ghosn, le PDG de Renault et de Nissan est troisième du classement avec un revenu de 15,6 ME. Il est le seul patron français à cumuler une double rémunération non validée par ses actionnaires, qui l’ont rejetée lors de l’assemblée générale.

4ème du classement, Bernard Charlès, Directeur Général de Dassault Systèmes, a vu sa rémunération totale augmenter de 31% et atteindre 14,1ME, tandis que Jean-Pascal Tricoire, PDG de Schneider Electric, arrive, malgré une année 2015 décevante, en cinquième place du classement avec 10,4 ME, une hausse de 86%. Ce bond s’explique essentiellement par le versement à M. Tricoire d’une compensation financière liée à l’abandon de son régime de retraite supplémentaire…

Le « Say On Pay » devrait devenir contraignant d’ici à 2018

L’introduction depuis 2013 d’un vote consultatif des actionnaires en assemblée générale sur la rémunération (« Say On Pay ») ne semble donc pas avoir eu d’effet modérateur sur la rémunération des dirigeants, en particulier sur les éléments variables et exceptionnels, qui ont explosé. Pourtant, lors des Assemblées générales, les investisseurs ont exprimé leur préférence pour des rémunérations modérées.

Ainsi, relève Proxinvest, les trois rémunérations du CAC 40 les plus élevées (Sanofi, Renault, Schneider Electric) ont obtenu les scores d’approbation les plus faibles, respectivement 63%, 46% et 58%. A l’inverse, les quatre plébiscites les plus élevés du CAC 40 ont été obtenus dans des sociétés ne dépassant pas 2 ME de rémunération totale (BouyguesOrangeLegrandKlépierre).

Blocage des Assemblées

En 2015, pour la première fois en France, des assemblées générales ont refusé d’approuver la rémunération totale de leur dirigeant… C’est le cas de celle de Carlos Ghosn (Renault), de Patrick Kron (ex-Alstom) et des dirigeants de Solocal. Ces rejets n’ont cependant pas de conséquence juridique, le Say on Pay n’étant que consultatif…

Cette situation devrait cependant changer à partir de 2017, car le Parlement vient d’adopter dans le cadre de la loi Sapin 2, une mesure visant à donner aux actionnaires le pouvoir effectif de s’opposer aux rémunérations excessives des dirigeants d’entreprises cotées.

Une fois la loi promulguée (avant la fin de l’année en principe), les actionnaires se prononceront dans un premier temps, en 2017, sur les critères de détermination, de répartition et d’attribution des rémunérations fixe, variable et exceptionnelle. Et l’année suivante, en 2018, ils pourront s’exprimer sur les montants effectivement attribués et leur accord deviendra contraignant pour pouvoir verser les rémunérations…

La loi El Khomri en pratique!!

30 octobre 2016

Commentaires fermés

Aéronautique: pourquoi Dassault Aviation gèle les recrutements

Publié le 20/10/2016 . Mis à jour à 16h52 par Jean-Bernard Gilles
Au premier semestre, seules 22 commandes de Falcon ont été enregistrées, pour 11 annulations.

Au premier semestre, seules 22 commandes de Falcon ont été enregistrées, pour 11 annulations. © 

DASSAULT AVIATION

ARTICLE ABONNÉS Les contrats Rafale ne suffisent pas. L’aviation d’affaires est en crise. Les usines de Dassault Aviation tourneront moins l’an prochain

Il n’y a certes pas panique à bord, car le carnet de commandes de Dassault Aviation reste très enviable, à près de 1,4 milliard d’euros fin juin 2016. Mais il n’est plus question de nouvelles embauches dans la maison Dassault, qui a recruté 500 nouveaux salariés l’an dernier.

22 commandes de Falcon au premier semestre

Lors d’un récent comité central d’entreprise à Saint-Cloud, la direction générale a annoncé son intention de transformer la société. Elle a confirmé l’implantation d’une filière de fabrication de tout ou partie du Rafale pour réussir le contrat indien, qui suppose pour Dassault des compensations industrielles.

Mais l’aviation d’affaires est en pleine déconfiture dans le monde. Au premier semestre, seules 22 commandes de Falcon ont été enregistrées, pour 11 annulations. L’arrêt des recrutements est confirmé, ce qui placera les effectifs à 8 063 en fin d’année, soit près d’une centaine de moins que fin 2015. Des salariés seront   » prêtés  » à d’autres sociétés.

La loi El Khomri en pratique

Des transferts de production seront organisés vers les usines de Martignas (33) et de Biarritz (64). Les salariés des sites les plus dépendants du Falcon se verront proposer une tri-annualisation du temps de travail (permise par la loi El Khomri), avec une baisse de l’horaire de travail en 2017 et le maintien du salaire et des horaires accrus en 2018-2019. Mérignac (33) et Seclin (Nord) sont les plus concernés.

Sanofi, aristocrate du dividende?

30 octobre 2016

Commentaires fermés


Si certains investisseurs se focalisent sur des valeurs de croissance qui peuvent générer d’importantes plus-values, les actions aristocrates du dividende peuvent constituer une stratégie d’investissement judicieuse.

L’intérêt lié à l’investissement en Bourse se mesure grâce à deux éléments : ce que coûte le risque, et ce que rapporte le rendement. Durant les dernières années, les investisseurs ont souvent perçu le rendement principalement sous l’angle de gains en capitaux. Toutefois, cela n’a pas toujours été le cas puisque pendant des années, les dividendes ont contribué de manière importante au rendement total d’un investissement. Il existe un grand nombre d’entreprises fortement rémunératrices aux Etats-Unis qui ont augmenté constamment leurs dividendes depuis au moins 25 années.

À quoi correspondent les aristocrates du dividende ?

Aux Etats-Unis, sous la dénomination « aristocrates du dividende » se cachent en réalité des sociétés qui ont augmenté leurs dividendes pendant 25 années de manière continue. Trois critères doivent être rempli pour qu’une valeur soit classée comme aristocrate du dividende par l’indice S&P 500 Dividend Aristocrats. Le premier critère est la hausse annuelle et constante du dividende depuis au minimum 25 années. Ensuite, le volume d’échange quotidien doit représenter au moins 5 millions de dollars. Enfin, la capitalisation boursière doit correspondre à 3 milliards de dollars minimum.

Il existe des listes impressionnantes de ces sociétés sélectionnées en fonction du nombre d’années consécutives pour lesquelles un dividende en hausse a été versé. A l’inverse de leurs concurrents européens, les grands groupes américains ont depuis longtemps une forte culture des dividendes. Les US Dividend Champions distribuent des dividendes qui augmentent tous les ans depuis plus de 25 ans. Les S&P 500 Dividend Aristocrats font partie de l’index S&P 500, regroupant les 500 plus grosses capitalisations de la bourse américaine distribuent également des dividendes croissants depuis plus de 25 années. En Europe, la culture des dividendes n’est pas aussi répandue mais quelques sociétés bénéficient de cette appellation « aristocrates » selon le classement S&P Europe 350 Dividend Aristocrats. Ce dernier reprend les actions de l’indice S&P Europe 350 ayant versé des dividendes en augmentation depuis plus de 10 ans parmi lesquelles figurent actcuellement 4 valeurs Françaises : Essilor, Hermès, l’Oréal et Sanofi.

Pourquoi investir dans les aristocrates du dividende?

Investir dans des valeurs aristocrates des dividendes offre des avantages incontestables. En effet, ce sont des valeurs sur lesquelles l’investissement se fait à long terme par l’intermédiaire d’un Plan Epargne Action (PEA), et qui peuvent générer une rente pour l’investisseur. En investissant sur ce type d’entreprise, le capital rapporte de façon quasi certaine un rendement croissant chaque année. L’intérêt principal de ces aristocrates est qu’ils ont apporté un meilleur rendement à leurs actionnaires que le marché en général. On peut citer par exemple l’indice S&P Dividend Aristocrats, qui selon Standard & Poors a dégagé un rendement annuel de 10 % au cours de ces dernières années.

La solidité de ces sociétés a été prouvée pendant des dizaines d’années. Certaines sociétés comme Coca Cola ou Colgate-Palmolive ont d’ailleurs augmenté leurs dividendes chaque année sur une durée de plus de 50 ans. Ainsi, choisir ses actions parmi les aristocrates de dividendes augmente les chances de gain sur le long terme. Toutefois, il reste nécessaire de diversifier son portefeuille pour réduire le risque.

25 années de hausse consécutives du dividende

Depuis la création de l’indice des Dividend Aristocrats par Standard & Poors en 1989, on observe que sa performance est bien supérieure à celle des autres actions, mesurée par l’indice S&P 500. En effet, sa performance a été près de deux fois plus importante de 1989 à 2014. De plus, celle-ci est réalisée avec un risque plus faible. Les aristocrates du dividende sont issus de différents secteurs d’activité. Les plus connus sont Coca-Cola, Colgate-Palmolive, Johnson & Johnson, Kimberly-Clark, Procter & Gamble ou Black & Decker. Ce qui caractérise principalement ces sociétés est le versement de dividendes sur 25 années consécutives peu importe la conjoncture économique. Cela est exceptionnel puisqu’il est très rare qu’une entreprise puisse payer un dividende en augmentation en passant par tous les cycles économiques. Même lors de la crise de 2008, un contexte particulièrement défavorable au développement de nombreuses entreprises, les aristocrates ont été suffisamment solides pour distribuer un dividende plus élevé sans que cela n’impacte pour autant leur santé financière.

Si ces sociétés n’ont aucune obligation légale de verser des dividendes croissants chaque année, les aristocrates des dividendes restent cependant des placements très intéressants sur le long terme.

1...45678...15

Unblog.fr | Créer un blog | Annuaire | Signaler un abus