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Puy-de-Dôme : l’heure des questions pour le site Sanofi de Vertolaye et ses 860 salariés

20 février 2017

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Puy-de-Dôme : l'heure des questions pour le site Sanofi de Vertolaye et ses 860 salariés

Après avoir rencontré des dirigeants de Sanofi il y a dix jours au conseil régional, Myriam Fougère a convié à Ambert l’intersyndicale du site Sanofi de Vertolaye pour dresser un état des lieux. © Agence THIERS

La possible cession de l’entité, dont fait partie depuis le 1 er janvier le site Sanofi de Vertolaye, inquiète salariés et é lus.

 

Pour l’instant, les membres de l’intersyndicale du site Sanofi de Vertolaye n’en sont qu’au stade des réunions d’information avec des élus du territoire. Afin de les sensibiliser et les mobiliser dans la perspective d’un éventuel combat social à mener.

Après le député André Chassaigne, ils ont présenté la situation, ce lundi, à la conseillère régionale Myriam Fougère et au président de la communauté de communes Ambert Livradois-Forez Jean-Claude Daurat.

Les salariés de Sanofi à Vertolaye dans l’incertitude

La CFDT, la CFE-CGC et la CGT expriment d’une même voix leurs craintes pour l’avenir du site de Vertolaye et de ses quelque 860 salariés.

Le contexte est le suivant : depuis le 1 er janvier 2017, une entité autonome, baptisée Cepia, rassemble les activités (commerciales, de développement et de production de principes actifs) des sites de Vertolaye, Elbeuf et Ujpest (Hongrie) dédiées aux clients tiers. Cette entité fait aujourd’hui partie de Sanofi… mais pour combien de temps, se demandent les organisations syndicales. Car l’avenir de Cepia est mis dans la balance par le groupe pharmaceutique lui-même (lire ci-contre). Et la cession est l’une des hypothèses avancées.

L’intersyndicale redoute ce scénario. « L’usine Sanofi Chimie de Vertolaye sera directement impactée. S’il y a cession, cela aura pour conséquence, au minimum, une réduction drastique de ses effectifs ».

Si on est vendu, certaines molécules peuvent intéresser le repreneur, mais pas toutes. Et si on sort de Sanofi, ce sera la double peine.

Aujourd’hui, l’activité de production chimique pour des tiers représente environ 70 % de l’activité totale du site de Vertolaye, pour 30 % de produits captifs vendus sous la marque Sanofi. Or, le marché des tiers est fortement concurrencé et les marges pour Sanofi sont moins importantes sur ces produits. Un argument financier qui fait peur aux syndicalistes. « Si on est vendu, certaines molécules peuvent intéresser le repreneur, mais pas toutes. Et si on sort de Sanofi, ce sera la double peine : on n’aura plus ni les investissements ni les process de développement du groupe et on deviendra producteur pour Sanofi avec une marge qui sera réduite par rapport à aujourd’hui ».

Autour de la table, lundi, à Ambert, les sourires étaient un peu désabusés. « On se sent impuissant », glisse un représentant syndical. En effet, comment convaincre une multinationale qui affiche un résultat net de 5 milliards d’euros de garder dans son giron un site dont les frais d’exploitation s’élèvent à 250 millions d’euros par an ? « On ne perd pas d’argent, plaide l’intersyndicale. On est moins rentable que le site qui ne fait que des produits captifs mais on est rentable ! »

Sanofi : performances financières solides en 2016

Tout en assurant du soutien et de la vigilance de la Région Auvergne Rhône-Alpes sur ce dossier, Myriam Fougère a proposé de miser sur « l’éthique » et « le devoir d’exemplarité » pour convaincre Sanofi. En parallèle, l’intersyndicale commence à fourbir ses armes. « Nous avons envoyé des questions précises à la direction, dans la perspective du comité d’entreprise extraordinaire du 1 er mars. Si nous n’obtenons pas de réponses, nous nous dirigerons vers un droit d’alerte ». Une réunion d’information auprès des salariés de Vertolaye est également prévue le 9 mars. Pour prendre le pouls des forces vives et décider s’il faut ou non changer de méthode…

Une réponse courant 2017

Sollicitée par mail, la direction de Sanofi a répondu hier à nos questions par l’intermédiaire de son service communication. Dans un premier temps, le groupe justifie la création de l’entité Cepia par la volonté de « mieux servir ses clients tiers ». Les trois sites rassemblés sous cette entité depuis le 1 er janvier 2017 (dont Vertolaye) « disposent d’une expertise forte et représentent une part importante de la production de principes actifs pour des clients tiers ». Et de poursuivre : « Cette nouvelle organisation contribue à une croissance durable de l’activité des sites concernés ».

Concernant l’avenir même de l’entité et donc, indirectement, du site de Vertolaye, Sanofi ne se prononce pas encore : « Nous nous laissons la possibilité d’envisager différentes options pour définir la meilleure stratégie de développement de cette entité, qu’il s’agisse d’une cession, d’une joint-venture ou d’un maintien au sein de l’entreprise. Nous apporterons courant 2017 une réponse à ces questions ».

Ce mercredi à l’Assemblée nationale
Au même titre que les élus locaux ou régionaux, le député André Chassaigne apporte sa pierre à la lutte qui s’engage. Cela a pris la forme d’une première réunion, mercredi dernier, dans les couloirs du Palais Bourbon, à laquelle participaient six députés concernés par des sites Sanofi et 13 représentants nationaux de l’intersyndicale. Selon André Chassaigne « la stratégie du groupe de « ventes à la découpe » n’a qu’un seul objectif : augmenter la profitabilité de l’entreprise pour distribuer toujours plus de dividendes aux actionnaires. ».
Une nouvelle table ronde aura lieu ce mercredi, à 9 h 30, au sein de la commission des affaires économiques de l’Assemblée, sur l’avenir de l’industrie du médicament en France. Philippe Luscan, président de Sanofi en France, y participera. Le député voit dans ce rendez-vous une « première étape », une nouvelle réunion avec les organisations syndicales du groupe Sanofi étant d’ores et déjà prévue le mardi 21 mars.

Thierry Senzier

 Sanofi doit s’expliquer devant la représentation nationale

20 février 2017

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André Chassaigne « Sanofi doit s’expliquer devant la représentation nationale »

ENTRETIEN RÉALISÉ PAR MARION D’ALLARD
MERCREDI, 15 FÉVRIER, 2017
L’HUMANITÉ
André Chassaigne Chef de file des députés Front de gauche<br />

André Chassaigne Chef de file des députés Front de gauche
Bertrand Guay/AFP

Financiarisation. L’industrie pharmaceutique fait l’objet, ce jour, d’une réunion à l’Assemblée. André Chassaigne compte y interpeller le président de Sanofi France.

L’Assemblée nationale réunit aujourd’hui une table ronde sur « l’avenir de l’industrie du médicament en France » en présence, notamment, du président de Sanofi France. Le député PCF du Puy-de-Dôme, André Chassaigne, y participera, dans un contexte d’inquiétude des salariés sur le devenir des sites de Vertolaye (Puy-de-Dôme) et d’Elbeuf (Seine-Maritime).

Vous avez rencontré récemment les salariés du groupe pharmaceutique, inquiets pour leur avenir. Comptez-vous interpeller la direction de l’entreprise à ce sujet ?

André Chassaigne Cette table ronde s’inscrit dans une démarche politique que j’ai initiée le 5 février dernier dans ma circonscription en rencontrant les syndicats du site Sanofi de Vertolaye, menacé de fermeture. Elle fait suite à une première rencontre avec l’intersyndicale nationale. La table ronde d’aujourd’hui est une réunion officielle, qui fera l’objet d’un compte rendu de l’Assemblée nationale. Nous attendons des réponses franches et conformes à la réalité de la part des dirigeants du groupe pharmaceutique. L’objectif est de les mettre au pied du mur pour qu’ils nous disent quelle est leur stratégie réelle et quelles vont être les conséquences dans les territoires de la politique de « vente à la découpe » qu’ils ont mise en place dans l’entreprise. Car, après avoir séparé les unités qui produisent pour des tiers et celles qui font des produits captifs, la direction de Sanofi envisage aujourd’hui de vendre trois de ses sites dont deux en France, Elbeuf, qui compte 390 salariés, et Vertolaye, qui emploie 864 salariés. C’est d’une extrême gravité. Ainsi démembré, le groupe est déséquilibré et son avenir est mis en jeu. C’est la conséquence de la financiarisation de l’industrie du médicament au nom de laquelle on se débarrasse de ce qui est utile à la santé au profit d’activités jugées plus rentables.

D’autant que Sanofi continue de toucher des millions d’euros d’aide publique…

André Chassaigne Oui. 144 millions d’euros de crédit d’impôt pour la seule année 2015. Sans compter que la rémunération annuelle du président du groupe équivaut aux revenus cumulés de 420 employés payés au salaire minimum de l’entreprise. C’est délirant. Il faut que la direction rende des comptes devant la représentation nationale, qui a droit à la transparence et doit connaître la stratégie d’un groupe qui bénéficie d’argent public. Mais au-delà de la seule question financière, cette affaire touche à l’industrie du médicament et, donc, à la Sécurité sociale, qui en rembourse une partie. C’est un enjeu de responsabilité sanitaire, et il est d’autant plus impératif que Sanofi s’explique devant la commission des Affaires économiques de l’Assemblée nationale.

Cette table ronde est selon vous « une première étape ». Comment envisagez-vous la suite ?

André Chassaigne Après les réponses que nous obtiendrons aujourd’hui, une nouvelle réunion aura lieu le 21 mars prochain à l’Assemblée nationale, afin de continuer de travailler, parlementaires et organisations syndicales main dans la main. Mais parallèlement à cette action nationale, nous lançons un appel à de larges mobilisations dans les territoires. Il faut marcher sur nos deux jambes. Mener le combat au niveau national pour que Sanofi revienne sur ses choix désastreux, et au niveau local – avec les élus et les syndicats – pour éviter à tout prix la catastrophe que serait la fermeture des sites de Vertolaye et d’Elbeuf.

Nouveau débrayage chez Ford jeudi

8 février 2017

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Blanquefort : nouveau débrayage chez Ford jeudi à l’appel de l’intersyndicale

Publié le 08/02/2017 à 14h08 par C. M..
Blanquefort&nbsp;: nouveau d&eacute;brayage chez Ford jeudi &agrave; l&rsquo;appel de l&rsquo;intersyndicale

Un débrayage est prévu jeudi, entre 13 heures et 15 heures, devant l’usine Ford de Blanquefort.

ARCHIVES LAURENT THEILLET
La mobilisation est prévue alors que des représentants de Ford Europe sont attendus à Blanquefort

L’intersyndicale CFE/CGC, CFTC, FO, CGT de l’usine Ford Aquitaine Industries (FAI) de Blanquefort appelle à un nouveau débrayage jeudi, entre 13 heures et 15 heures, et à un rassemblement devant le site.

Cette mobilisation a lieu alors qu’une rencontre est annoncée entre des représentants de Ford Europe et les élus du Comité d’entreprise lors d’une réunion extraordinaire du CE, en début d’après-midi.

Les syndicats demandent à Ford de s’engager sur des projets industriels assurant l’avenir de l’entreprise girondine qui emploie 930 salariés en CDI.

Plusieurs rendez-vous sont prévus ces prochains jours entre Ford Europe et les pouvoirs publics, notamment à la préfecture, avant le prochain comité de suivi du 9 mars, à Bordeaux.

Le lundi 23 janvier, 400 salariés de l’usine Ford de Blanquefort sont descendus dans la rue, à l’occasion d’une « journée usine morte ».

Les salariés des TPE confirment la CGT comme première organisation

6 février 2017

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Elections TPE

Les salariés des TPE confirment la CGT comme première organisation, à dix points devant la deuxième !

vendredi 3 février 2017

Les résultats des élections de représentativité dans les Très Petites Entreprises confirment la CGT comme première organisation syndicale au plan national.

Les salariés qui se sont exprimés ont choisi de légitimer le syndicalisme CGT, qui propose, conteste, revendique, lutte et négocie ! La CGT sort confortée de cette élection et remercie les électeurs.

Cette satisfaction des résultats ne peut gommer l’amateurisme dont ont fait preuve le gouvernement et les services du Ministère du Travail tout au long du processus électoral.

Ils portent notamment la responsabilité du faible taux de participation des salariés à l’élection.

Alors que 4,6 millions de salariés étaient concernés par l’élection, aucune communication digne de ce nom dans les médias n’aura été organisée afin d’informer, sensibiliser et favoriser leur expression.

La CGT dénonce le gouvernement et ses services qui auront jalonné d’embuches l’élection des salariés des TPE comme par exemple le report des élections pendant les fêtes de fin d’année.

Le choix de permettre la participation de listes syndicales pourtant dans l’incapacité de représenter les salariés dans les commissions paritaires qui vont se mettre en place démontre que loin de l’affichage, la prise en compte de l’expression des salariés des TPE sur leurs besoins, leurs revendications n’intéressent que peu le gouvernement !

Les salariés ont amené la meilleure des réponses, celle de placer en tête et loin devant la CGT avec un résultat de 25,12% devant la CFDT à 15,44%.

Ces résultats confèrent de grandes responsabilités à la CGT, qui, forte de ce résultat, réaffirme son engagement auprès des salariés des TPE pour, avec eux, exiger des avancées réelles en matière sociale.

La CGT mesure les efforts de déploiement à réaliser pour mieux représenter les salariés des TPE, leur donner plus de place encore dans le syndicalisme CGT, le syndicalisme de tous les salariés.

Montreuil, le 3 février 2017

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Maisons-Alfort : le géant du médicament poursuivi pour avoir fait appel à trop d’intérimaires

2 février 2017

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Maisons-Alfort : le géant du médicament poursuivi pour avoir fait appel à trop d’intérimaires

>Île-de-France & Oise>Val-de-Marne>Maisons-Alfort|Fanny Delporte|01 février 2017, 19h31|0
Maisons-Alfort : le géant du médicament poursuivi pour avoir fait appel à trop d’intérimaires dans CGT Groupe 6646755_f7675946-e89e-11e6-b46f-ca2197cc15c2-1_1000x625
Maisons-Alfort, ce mercredi. Le site de Sanofi . LP/FD.

Le géant pharmaceutique Sanofi a-t-il abusé des contrats intérimaires sur son site de Maisons-Alfort entre 2010 et 2011 ? C’est ce pourquoi l’entreprise était convoquée mercredi devant le tribunal correctionnel de Créteil. Les parties civiles ? La CGT du site en question, le comité d’établissement, et la CGT de la Fédération Nationale des Industries Chimiques (FNIC).

L’affaire avait fait l’objet d’un classement sans suite par le parquet de Nanterre — le siège de l’entreprise se trouvant à Antony — en raison d’une infraction « insuffisamment caractérisée », a rappelé la procureure, qui a demandé la fin des poursuites en raison de « l’absence d’éléments nouveaux ».

C’est un courrier envoyé par la CGT à l’inspection du travail en 2010 qui déclenche un contrôle sur ce site de production qui fêtera ses 70 ans en 2018. « On a essayé d’alerter plusieurs fois », pour que Sanofi fasse « baisser le taux de précaires », a expliqué à la barre Bernard Dubois, délégué syndical CGT. « C’est une industrie de connaissance et de savoir-faire. Il est risqué de faire appel à ce type d’emplois », indique-t-il. Et de raconter que les intérimaires devaient parfois en former d’autres.

 

« On n’est pas dans une petite PME ! », a lancé Me Bettina Ferreira, avocate des parties civiles pour qui l’infraction est claire : Sanofi a eu recours « à des emplois précaires en dehors des cas prévus par la loi ». Par exemple : 1 762 contrats intérimaires en 2011. Ou encore 61 intérimaires en septembre 2011 pour 68 agents de production en CDI.

« Il y a des intérimaires tous les jours », alors que l’entreprise était en mesure « d’anticiper » puisqu’il s’agissait de remplacer des « congés, des RTT ». « Où est la politique de l’emploi saine et équilibrée ? », a-t-elle interrogé, avant de demander 1 € de dommages et intérêt, évoquant un « symbole » qui « concerne toute la société ».

L’avocate de Sanofi a estimé qu’il n’y avait aucune infraction dans la mesure où le recours à de l’intérim n’avait qu’un objectif : le besoin de maintenir un « niveau de production constant pour des médicaments qui guérissent des pathologies particulièrement graves », dans des périodes « d’accroissement temporaire d’activité ». Le délibéré est attendu le 1er mars.

leparisien.fr

Nouvelle attaque contre la médecine du travail

30 janvier 2017

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Nouvelle attaque de la médecine du travail

Le CETA ,La lutte continue

30 janvier 2017

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Le CETA la lutte continue pour le stopper Le CETA la lutte continue pour le stopper2

Ford : usine morte à Blanquefort, ses ouvriers toujours debout

24 janvier 2017

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Le parking de Ford Aquitaine Industrie est plein de voitures ce lundi matin, mais pour autant l’usine de Blanquefort ne tourne pas. Dans le froid au lieu d’embaucher, les 400 ouvriers et cadres grévistes se retrouvent pour tracter à l’entrée, ralentissant la circulation sur le rond-point. L’heure est à la mobilisation pour les salariés qui craignent une fermeture du site et ont décrété une journée usine morte.

 

Les productions actuelles (boite de vitesse, double-embrayage, carter) n’ont plus que quelques mois de vies et les projets ne pointent toujours pas à l’horizon. Malgré les projets qui disparaissent, les salariés décrivent des conditions de travail toujours difficile : le flux tendu et l’urgence dressés comme religion, et en corollaire la poursuite des 2X8 et des heures sup du samedi matin.

Par ailleurs, l’intersyndicale CFE-CGC-CGT-CFTC-FO ne compte que 930 équivalents temps plein en CDI. L’objectif signé dans l’accord-cadre de 2013 par la direction ne serait alors pas tenu : le maintien des 1000 emplois devait en effet être assuré pour permettre l’obtention de 12,5 millions d’aides publiques. L’expertise du cabinet Secafi indique elle que la somme de ces aides s’approchent en fait de 46 millions d’euros.

Agenda chargé

De Blanquefort, 400 manifestants s’engouffrent dans deux trams pleins à craquer, direction la préfecture de Gironde. Ils reçoivent le renfort de syndicalistes d’autres secteurs et du Collectif de lutte 33, issu de l’opposition à la Loi Travail.

Ford : usine morte à Blanquefort, ses ouvriers toujours debout dans Presse 2017_01_23_Manif_Ford_Blanquefort_Thierry-514x341

Thierry, ouvrier de Ford à Blanquefort, syndiqué CGT. (XR/Rue89 Bordeaux)

Jean-Luc, 22 ans chez Ford et pas syndiqué, se réjouit de cette « journée symbolique ». Il se rappelle que comme lors des manifestations aux Salons de l’auto de Paris, « dès que l’image de Ford est touchée, c’est de la pub négative. » Et cette nouvelle journée « Usine morte » peut servir à ça. Jean-Marc Chavant, secrétaire adjoint de Force Ouvrière et membre du CE de Ford estime que « c’est une réussite qui en appelle d’autres. Il faut maintenant des garanties pour qu’on ait le plus d’emplois et le plus longtemps possible. »

Le délégué CGT et candidat à la présidentielle, Philippe Poutou va même un peu plus loin : il souhaite que « que Ford décide d’investir ici et garde tous les emplois ». Après avoir été reçu avec la délégation par le Préfet, le leader du NPA se demande si « les autorités publiques ne sont pas un peu anesthésiées » et tient à motiver les troupes :

« Ford a l’argent, il n’y a pas de raisons de baisser la tête. »

De toute façon, les premiers résultats sont là pour l’intersyndicale, reçue vendredi dernier par le président de Bordeaux Métropole, Alain Juppé. Deux rendez-vous se sont ajoutés à l’agenda de la direction : le 9 février à Bordeaux avec le préfet et les élus et le 20 février pour une rencontre avec le secrétaire d’Etat à l’industrie, Christophe Sirugue.

Mais les représentants syndicaux ne seront invités ni à l’un ni à l’autre. Ils devront attendre la programmation d’un comité de suivi souhaité par le préfet avant la mi-mars, début de la campagne officielle pour la présidentielle.

Une toute petite boite bientôt arrivée ?

La direction de Ford Europe se refuse à faire des annonces avant l’été. Cependant, elle laisse entendre que la production d’une boite de vitesse de plus petit calibre que l’actuelle est en route pour la Gironde. Le site de Blanquefort est pressenti depuis l’été dernier pour accueillir une nouvelle boite de vitesse, la 6F15, destinée à remplacer la 6F35, mais déjà produite ailleurs.

Les contremaîtres de la CFE-CGC ont donc compris via des documents internes que les volumes de production seraient bien moindres : 50000 au lieu de 120000 boites produites par an. Pas de quoi faire vivre le site et ses 1000 emplois. L’intersyndicale réclame l’arrivée de boites de vitesses automatiques ou de 8 à 9 vitesses.

Alors qu’une assemblée générale se tient ce mardi à 10h, la présidente du comité de soutien Marie-Thérèse Flipo a bien une idée pour continuer le mouvement :

« Est-ce qu’une seule journée d’action suffira ? Je crois qu’il faut faire venir les voisins et les communes qui bénéficient de cette usine. »

Les responsables politiques sont-ils déconnectés des réalités ?

11 janvier 2017

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Publié le 11/01/2017 à 7h09 par Olivier Saint-Faustin.
Les responsables politiques sont-ils d&eacute;connect&eacute;s des r&eacute;alit&eacute;s ?
Henri Guaino (à gauche) et Gérard Collomb ont des difficultés à vivre avec leurs salaires de député et sénateur.

AFP
Henri Guaino et Gérard Collomb estiment ne pas gagner assez avec leur salaire de député ou de sénateur. Des propos qui peuvent paraître « indécents » et qui traduisent la distance qui existe parfois entre les élus et les citoyens

En cinq jours, ils sont deux à avoir mis les pieds dans le plat concernant un sujet pour le moins sensible aux yeux du commun des mortels. Jeudi dernier, Henri Guaino a été le premier à se plaindre de son salaire de député, celui-ci ne lui permettant pas de « mettre de côté » quelques économies. Ce mardi, Gérard Collomb, sénateur entre autres fonctions, en a remis une couche, estimant lui aussi ne pas gagner assez. Ces deux sorties, surprenantes tant les responsables politiques savent bien l’image de privilégiés qu’ils véhiculent et le risque qu’ils encourent lorsqu’ils évoquent leurs émoluments, illustrent une idée communément répandue, à tort ou à raison, dans l’opinion publique : les élus sont déconnectés des réalités.

Alors que la défiance vis-à-vis des dirigeants politiques n’a jamais été aussi forte, et que le populisme se répand en France comme en Europe, Vincent Tiberj, sociologue et politologue à Science Po Bordeaux, décrypte ces petites phrases et ce qu’elles disent de la façon dont nos gouvernants voient le monde.

Guaino ne parvient pas à économiser

Jeudi dernier sur LCI, Henri Guaino, député Les Républicains des Yvelines et ex-conseiller à l’Élysée du président Sarkozy, a déclaré qu’il ne peut « rien mettre de côté » avec son salaire de parlementaire.  »J’ai commencé ma carrière d’élu à 50 ans passés, a-t-il ajouté. Donc à 50 ans passés, vous avez des charges, j’habite à Paris. (…) Je ne suis pas élu dans la Creuse ou en Corrèze, les loyers sont beaucoup plus élevés. Le train de vie que j’ai, même en le réduisant, il pèse plus lourd. »

 

Avec 5100 euros de côté, Henri Guaino dit ne… par journalsudouest 

Sur le site de l’Assemblée nationale, on apprend que les indemnités d’un député sont de 7 142,75 euros brut, soit un salaire net de 5 357,34 euros. A cette somme s’ajoute une indemnité représentative de frais de mandat, destinée à couvrir les diverses dépenses de l’élu, d’un montant mensuel de 5 805 euros brut.

« Henri Guaino a une fâcheuse tendance à oublier la réalité des salaires dans le pays, note Vincent Tiberj. En France, à 4 000 euros par mois, on est déjà dans les 10% des Français les plus riches en terme de salaire. De plus, on a aussi d’autres avantages quand on est député, comme des indemnités de représentation, ce qui peut être équivalent à un doublement du salaire… Les députés français ne sont pas à plaindre ».

Le « cauchemar » de Gérard Collomb

Gérard Collomb est un cumulard. L’élu PS est maire de Lyon, de la Métropole lyonnaise et sénateur. Trois casquettes et autant de responsabilités qui lui imposent parfois de faire des choix. Ainsi, en vertu d’une nouvelle règle adoptée par le Sénat, lui et treize collègues ont été sanctionnés en mai dernier pour cause d’absentéisme répété.

Sud Ouest
CRÉDIT PHOTO : JEAN-PHILIPPE KSIAZEK

Résultat : une pénalité économique et un salaire « tombé à 4 000 euros par mois », comme s’en est plaint le sénateur, interrogé par Le Point« C’est un vrai cauchemar », a-t-il ajouté : « Mes revenus sont plafonnés, je ne touche donc rien en tant que maire de Lyon et président de la métropole, je suis donc tombé à 4 000 euros par mois ». Le site du Sénat donne également le détail des indemnités versées. Un sénateur gagne ainsi 7 142,75 euros brut, soit 5 385,67 euros net. S’il occupe d’autres fonctions, ce qui est le cas de Gérard Collomb, il ne doit pas dépasser, avec les salaires qu’ils reçoit en plus, un plafond mensuel de 8 321,66 euros brut.

Pour le politologue bordelais, cette situation illustre bien « l’un des principaux problèmes de la démocratie française, qui est l’une des rares à accepter le cumul des mandats ». « On voit que Gérard Collomb a trois mandats différents et s’il veut bien les exercer, on voit qu’il ne peut pas le faire, poursuit Vincent Tiberj. C’est plutôt une bonne nouvelle que quelqu’un comme lui soit sanctionné pour absentéisme car ça montre bien que les mentalités changent. »

Des propos « indécents »

Sud Ouest
CRÉDIT PHOTO : SCIENCE PO BORDEAUX

En se plaignant publiquement de la présumée faiblesse de leurs revenus, les deux élus ont choqué. Selon le politologue, le problème est qu’ils se trompent de « référence ».

« Le salaire médian en France est autour de 1 500 euros (NDLR : 1 772 euros par mois en 2013, selon l’Insee), reprend-il. Clairement, ce type de salaire à 4 000 euros est inatteignable pour la grande majorité de nos concitoyens. Le problème de nos députés ou responsables politiques nationaux, c’est qu’ils se comparent à des responsables d’entreprises qui gagnent extrêmement bien leur vie, et beaucoup mieux qu’eux. Tout dépend du point de référence, et il ne doit pas forcément être celui-là. »

Les rétributions d’un élu n’ont donc pas nécessairement vocation à enrichir celui-ci mais à lui permettre de vivre et d’exercer sa fonction.

« Il ne faut pas tomber dans l’anti-parlementarisme et je ne dis pas qu’ils ne font pas leur boulot mais il faut savoir raison garder et sur ce point-là, Henri Guaino, par exemple, est à côté de la plaque. (…) Il y a un vrai problème de niveau de rémunération des politiques mais il n’est pas au niveau national et parlementaire mais plutôt au niveau local. Quand on voit la rémunération du maire d’une petite commune et les responsabilités qu’il a en face, ce que dit Henri Guaino est un peu indécent. Derrière, ça en dit beaucoup sur l’incapacité de nos dirigeants politiques à appréhender la société dans son ensemble ».Vincent Tiberj

Un travail de « reconnexion » à faire

De l’autre côté du spectre médiatique, l’effet que produit ce type de petite phrase sur le citoyen ordinaire est désastreux. La défiance, déjà alimentée par « l’incapacité du politique à associer plus les citoyens à la prise de décision » et « à l’incapacité à sortir d’une vision trop technocratique de l’exercice de son mandat », s’en trouve exacerbée.

Alors, déconnectés les responsables politiques ? Les propos confirmant cette hypothèse ont été nombreux ces dernières années, comme le rappelle L’Obs : Jean-François Copé a ainsi estimé qu’un pain au chocolat valait « entre 10 et 15 centimes » ; Nicolas Sarkozy, lui, a demandé à des entrepreneurs qu’il rencontrait ce qu’était Le bon coin ; Nathalie Kosciusko-Morizet a assuré que prendre le métro était « un moment de grâce » mais n’a pas su dire combien coûtait un ticket . Lors du débat pour la primaire de la droite, François Fillon ne connaissait pas le montant du Smic ; Marion Maréchal Le Pen, qui briguait la présidence de la région Paca, ne connaissait pas le nombre d’habitants y vivant ; Myriam El Khomri, enfin, s’est montrée incapable de dire combien de fois il était possible de renouveler un CDD… Liste non-exhaustive.

 

Le prix d’un pain au chocolat ? « 10 ou 15… par Europe1fr 

« Les gens peuvent effectivement ressentir une certaine déconnexion chez les politiques mais si on leur posait le même type de question, sur les CDD ou le Smic, beaucoup se tromperaient, pondère le politologue girondin. On est dans une société complexe et les responsables politiques ont des défauts qu’ont beaucoup d’autres. Ce que ça nous raconte néanmoins, c’est l’exercice du pouvoir. Quand on regarde l’agenda du député type, on voit qu’il travaille énormément et qu’au quotidien, ce travail de reconnexion avec la vie réelle est quasiment, de fait, laissé de côté. A cause de leurs obligations, ils n’ont pas le temps de le faire. Donc ils se coupent de plus en plus des réalités ».

À partir de ce constat, une question se pose : les élus peuvent-ils prendre des décisions pertinentes pour des gens dont ils ne connaissent pas les vrais problèmes et besoins ? « Tout dépend de cette coupure », répond Vincent Tiberj.

« Si on est face à des politiciens qui savent qu’il faut sortir des éléments classiques d’information, qui font un effort pour rencontrer des gens, comprendre leur point de vue, y consacrer du temps, alors oui. C’est une espèce de discipline, un vrai travail de reconnexion qui est, c’est vrai, difficile à mener quand on voit comment se passe l’exercice du pouvoir, comment est organisé l’agenda d’un ministre. S’il n’y a pas cet effort, l’élu rentre dans une logique de surinformation sur un certain nombre de choses et de sous-information sur d’autres, avec lesquelles il est déconnecté ».

Bordeaux : la misère de la justice du travail

11 janvier 2017

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A LA UNE L’ ESSENTIEL

Publié le 11/01/2017 à 3h37. Mis à jour à 16h09 par Dominique Richard.
Bordeaux&nbsp;: la mis&egrave;re de la justice du travail

Me Philippe Lafaye, Me Élise Batail, Me Monique Guedon (au centre), Me Alain Guerin et Me Magali Bisiau font partie des avocats qui assignent l’État en responsabilité.

THIERRY DAVID/ »SUD OUEST »
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Plus de trois ans pour juger un contentieux du travail du fait du manque de magistrats. Des avocats de justiciables assignent l’État en responsabilité

Salarié de la filiale d’un groupe italien qui fabriquait des brûleurs dans l’agglomération bordelaise, Lucien a fait l’objet d’un licenciement économique en juin 2010 sans que son employeur remplisse son obligation de reclassement. Cet ancien ajusteur a presque aussitôt saisi le conseil de prud’hommes. La cour d’appel statuera fin… 2017. La chambre sociale devant laquelle il était convoqué a reporté les débats d’un an « en raison du nombre insuffisant de magistrats pour assurer les audiences ».

Délais excessifs

À Bordeaux, tout au long de la chaîne sociale les retards s’accumulent. En moyenne, les contentieux du travail sont tranchés en un an s’il y a consensus au sein du collège concerné entre les représentants des patrons et ceux des salariés, qui siègent à parité. En cas de désaccord, le dossier part en départage. Il est alors repris par un juge professionnel dont la voix est prépondérante.

Mais, compte tenu du stock de procédures en attente (plus de 700), il faut compter au moins deux ans avant le rendu du jugement. Et deux ans de plus au bas mot en cas d’appel. Des délais déraisonnables qui ont incité une quinzaine d’avocats du barreau de Bordeaux à engager une action en responsabilité au nom de plusieurs dizaines de leurs clients pour dysfonctionnement du service public de la justice. L’État sera très certainement condamné à indemniser les plaignants, qui réclament chacun entre 10 000 et 15 000 euros.

Le Code de l’organisation judiciaire ouvre droit à réparations en cas de fonctionnement défectueux. Et la jurisprudence de la Cour européenne des droits de l’homme relative au procès équitable est solidement établie. « Elle considère les contentieux du travail comme des affaires prioritaires », rappelle Me Monique Guedon. Les délais raisonnables sont fixés à un an et sept mois en première instance et à un an et neuf mois en appel.

« Une épée de Damoclès »

Vu sous l’angle patronal, le conseil de prud’hommes de Bordeaux en serait resté à la lutte des classes. Vu sous l’angle salarié, les employeurs paralyseraient l’institution en étant rétifs à tout compromis pendant les délibérés. 20 à 25 % des litiges sont soumis à des juges départiteurs. Une proportion supérieure à la moyenne nationale. De quoi densifier le trafic dans des tuyauteries judiciaires passablement encombrées. En 2014, un rapport sur l’avenir des juridictions du travail évaluait à plus de 60 % le taux d’appel des décisions des conseils de prud’hommes. « Les employeurs ne se réjouissent pas de ces délais anormaux, nuance Me Alain Guerin, l’un des membres du collectif d’avocats. Pour les petites entreprises, et il y en a beaucoup, quand 10 000 ou 20 000 euros sont en jeu après un licenciement et que cela dure des années, c’est comme une épée de Damoclès. »

Même si le paritarisme, l’ADN de la justice prud’homale, suscite des critiques récurrentes, l’essentiel n’est pas là. Ces délais déraisonnables tiennent avant tout au manque de juges répartiteurs. Il est impossible de respecter le Code du travail, qui impose la reprise de l’affaire dans un délai d’un mois en cas de partage, d’autant que la dernière loi Macron a singulièrement compliqué la procédure. « Même avec la meilleure volonté du monde, on n’y arrive plus », soupire un magistrat.

Justice sinistrée

Entre janvier 2016 et janvier 2017, le nombre de poste vacants au tribunal de grande instance et au tribunal d’instance de Bordeaux a fluctué de cinq à dix selon les périodes. Par le passé, des situations de crise similaires avaient pu être dominées par l’affectation temporaire de juges. Aujourd’hui, les réserves sont à l’étiage. « L’impossibilité dans laquelle nous nous trouvons d’augmenter l’effectif de magistrats ne nous laisse espérer aucune embellie véritable à court terme : nous écopons seulement, de notre mieux certes, mais nous écopons », avoue Dominique Ferrière, le Premier président de la cour d’appel de Bordeaux (1).

Sous le quinquennat de François Hollande, les promotions de l’École nationale de la magistrature ont été plus que doublées. Mais il faudra du temps avant que ne se comble un déficit ancien que Nicolas Sarkozy avait laissé filer et qui a plongé la justice dans le dénuement.

(1) Propos tenus lors de l’audience solennelle de rentrée de la cour d’appel, qui a eu lieu le 9 janvier.

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