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À propos de cgtsanofiambares

ces financiers qui dirigent le monde

19 septembre 2019

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la fabrique du consentement

19 septembre 2019

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Sanofi recourt massivement à des techniques de relations publiques afin d’obtenir le consentement du plus grand nombre.

Le groupe a opté pour une stratégie financière tournée uniquement vers l’actionnaire piétinant de fait la mise à disposition de médicaments de première nécessité pour les patients, l’environnement et les conditions de travail de tous ses salariés.

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la CGT porte plainte

17 septembre 2019

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https://www.larepubliquedespyrenees.fr/2019/09/16/rejets-hors-normes-a-sanofi-mourenx-la-cgt-porte-plainte,2602323.php?fbclid=IwAR1mQPzJpMakU5Lt49cx5mSQzNu6pMiv2sCJqKx5QV7S7-90Mrwt2JsjXUw

 

Rejets hors normes à Sanofi Mourenx : la CGT porte plainte

Rejets hors normes à Sanofi Mourenx : la CGT porte plainte

Le scandale avait éclaté en juillet 2018. Une plainte sera déposée le 25 septembre.

ATORRENT
Par Pierre-Olivier Julien, publié le 16 septembre 2019 à 10h09, modifié à20h05.

L’Union locale de Mourenx, la CGT Sanofi et la fédération FNIC-CGT pointent « la mise en danger d’autrui ». Un dépôt de plainte sera effectué à Paris le 25 septembre.

Cela planait dans l’air à Mourenx. La FNIC-CGT, la CGT des industries chimiques Sisteron-Mourenx et l’Union locale CGT de Mourenx sont passées à l’acte. Toutes trois vont déposer plainte le 25 septembre à Paris contre le groupe Sanofi « pour mise en danger d’autrui ». « Cela fait un an qu’on travaille le dossier » nous confiait ce lundi Jean-Louis Peyren (CGT Sanofi).

« Cette plainte concerne les rejets toxiques de la société Sanofi Chimie installée à Mourenx. Usine qui avait été mise en demeure par la préfecture des Pyrénées-Atlantiques faisant écho au constat de rejets toxiques hors normes » souligne un communiqué. « Cela n’a rien à voir avec les négociations en cours concernant les salariés, ce n’est pas un moyen de chantage. Ce n’est pas non plus par vengeance. Mais parce qu’on est face à un groupe qui a fait des erreurs importantes et graves et qui n’a pas dû gérer ses rejets. C’est surtout pour prévenir, au cas où un jour des salariés, qui ont inhalé sans le vouloir ces rejets toxiques pendant des mois, voire des années, tombent malades. Si on venait à gagner contre Sanofi, ça aiderait d’autant plus les dossiers de salariés qui souhaiteraient ensuite se retourner contre Sanofi » explique Jean-Louis Peyren.

Avant la CGT, d’autres plaintes avaient déjà été déposées. Par des riverains en 2015 auprès du procureur de la République de Pau. Puis par l’Apesac (victimes de la Depakine), l’ARSIL (riverains du bassin de Lacq) et la Sepanso 64 (protection de l’environnement) auprès du parquet de Pau, lequel s’est dessaisi en juillet 2018 au profit du pôle santé publique du parquet du tribunal de grande instance de Paris.

L’insuline, un scandale américain

3 avril 2019

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https://www.france24.com/fr/focus/20190401-insuline-scandale-etats-unis-diabete-pharmaceutique

Par : Jessica LE MASURIER | Céline BRUNEAU | Glenn HARTONG

Aux États-Unis, trois groupes pharmaceutiques contrôlent la quasi-totalité du marché de l’insuline. Face à l’augmentation régulière des prix et devant l’absence de prise en charge, de nombreux patients choisissent de se rationner. Un comportement qui, selon une ONG, a déjà coûté la vie à au moins six personnes en trois ans.

« Ma fille chérie. Je suis heureuse d’avoir partagé 22 ans à tes côtés. Je suis tellement triste de t’avoir perdue si tôt. » Les yeux embués, Antroinette Worsham lit ces quelques lignes écrites pour sa fille.

Antavia est morte il y a deux ans. Diabétique de type 1, elle dépendait de ses doses quotidiennes d’insuline pour survivre. Un traitement devenu inaccessible quand elle a atteint l’âge de 21 ans et qu’elle est sortie du programme d’assurance santé réservé aux enfants.

Avec la couverture santé limitée qu’elle pouvait se permettre, la jeune femme devait payer de sa poche 1 200 à 1 300 dollars pour 90 jours de médicaments. « Elle n’avait pas les moyens pour payer son insuline. Elle a d’abord utilisé un peu celle de sa sœur et celle de son grand-père », se souvient Antroinette. Puis Antavia a commencé à diminuer les doses d’insuline qu’elle s’injectait. Jusqu’au 26 avril 2017, le jour où elle est morte. Elle avait 22 ans.

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« Mon fils m’a appelé vers 11 heures et il m’a dit : ‘Maman, Antavia ne bouge pas.’ Je lui ai dit : ‘Mais réveille-la, réveille-la !’ À aucun moment, je n’ai pensé qu’elle pouvait être morte. Je n’ai pas pu rentrer dans la maison. Je suis restée assise sur le bord de la route. Je pensais qu’ils allaient l’emmener à l’hôpital mais à la place, j’ai vu son corps sortir dans un sac mortuaire. »

À Cincinnati, l’appartement d’Antroinette est rempli de photos de sa fille, de bougies et de l’urne qui contient les cendres d’Antavia. Difficile pour sa petite sœur de faire abstraction. Diabétique de type 1 elle aussi, et âgée de 18 ans, Antanique sortira bientôt du programme d’assurance qui lui permet aujourd’hui d’acheter son traitement.

Six à sept millions d’Américains dépendent de l’insuline pour vivre. Or, son prix n’a cessé de grimper au point qu’un diabétique sur quatre se rationnerait, selon une étude récente de l’université de Yale.

Diabétique de type 1 aussi, Antanique sortira bientôt du programme d’assurance qui lui permet aujourd’hui d’acheter son traitement.
Diabétique de type 1 aussi, Antanique sortira bientôt du programme d’assurance qui lui permet aujourd’hui d’acheter son traitement. Jessica Le Masurier

L’insuline pour tous

En 1921, quand des chercheurs canadiens ont découvert l’insuline, ils ont vendu le brevet pour un dollar à l’université de Toronto. Leur but était de rendre le médicament accessible à tous les malades. Un idéal dont on est bien loin un siècle plus tard aux État-Unis. Le prix moyen de l’insuline a explosé ces dernières années : plus de 1 000 % entre 1996 et 2017, selon l’Union of Concerned Scientists.

Aujourd’hui, sans assurance, cinq flacons de Lantus, le médicament phare de Sanofi, coûtent 280 dollars. En France, ils sont facturés moins de 50 euros, remboursés entièrement par la Sécurité sociale.

Aux États-Unis, trois groupes pharmaceutiques contrôlent 99 % du marché de l’insuline : l’Américain Eli Lilly, le Danois Novo Nordisk et le Français Sanofi. Des labos régulièrement accusés d’augmenter leurs prix en toute opacité. Une situation qui exaspère certains élus, démocrates comme républicains.

Le 26 février dernier, les PDG des trois groupes ont été entendus par la Commission des finances du Sénat à Washington. Olivier Brandicourt, le patron de Sanofi, a fait le déplacement depuis Paris pour s’expliquer. « Depuis 2012, le prix net des insulines de Sanofi a reculé de 25 % », a-t-il déclaré devant la commission bipartite. Selon lui, les augmentations de prix seraient le fait des nombreux intermédiaires entre les fabricants de médicaments et les malades, comme les assurances ou les négociateurs des pharmacies. En Europe, les gouvernements fixent les prix mais aux États-Unis, les laboratoires et les intermédiaires ont champ libre.

Sanofi « ne dit pas toute la vérité »

Tahir Amin est le cofondateur et coprésident d’I-MAK.org, une organisation à but non lucratif dont l’objectif est d’obtenir la baisse des prix des médicaments. Depuis des années, il enquête sur les pratiques des laboratoires. Selon I-MAK.org, le prix du Lantus aurait augmenté de 18 % chaque année entre 2012 et 2016, contrairement à ce qu’affirme Olivier Brandicourt. Et Sanofi gagnerait chaque jour 15 millions de dollars grâce à ses ventes d’insuline.

Selon I-MAK.org, Sanofi protège ses brevets pour ralentir l’arrivée de nouveaux produits concurrents. « Sanofi met tout en œuvre pour préserver son monopole et empêcher toute compétition », explique Tahir Amin.

À Boston, des manifestations devant les locaux de Sanofi rassemblent régulièrement des malades et leurs proches. Début mars, ils étaient plusieurs dizaines défilant sous les fenêtres du laboratoire français : « Sanofi, tu ne peux pas te cacher ! Tes prix sont meurtriers ! » Parmi les militants, des membres du Lown Institute, un think tank apolitique. « Nous essayons de rappeler à tout le monde qu’il y a trois producteurs d’insuline qui maintiennent un prix extrêmement élevé. Ces labos se sont partagé le marché comme un cartel », explique Vikas Saini, médecin et président de l’organisation.

Rationner l’insuline pour survivre

Antavia, Jesse, Alec, Micah, Meaghan, Shane : selon l’ONG Right Care Alliance, au moins six personnes sont décédées ces trois dernières années à cause du rationnement d’insuline. Et le nombre de victimes est peut-être plus élevé si l’on en croit Angela Lautner, diabétique de type 1 et membre du groupe #InsulinForAll. « Au Kentucky, l’État dans lequel je vis, il y a une culture de la honte. On n’ose pas dire qu’on n’a pas les moyens d’acheter ses médicaments. Et donc les gens se taisent et se rationnent alors qu’ils ont besoin de cette hormone pour vivre. Ça veut dire quelque chose sur notre pays. Nous avons besoin que nos politiques, les gens qui siègent au Capitole, parlent. Nous avons aussi besoin que les gens descendent dans la rue. »

À Dayton, petite ville industrielle de l’Ohio, Mindi Patterson ne se remet pas de la mort de sa belle-sœur. Meaghan allait avoir 48 ans. A Noël dernier, elle est partie se coucher et ne s’est jamais réveillée.

Rockwell Patterson, Meaghan Patterson Carter, Mindi Patterson et son frère en Ohio.
Rockwell Patterson, Meaghan Patterson Carter, Mindi Patterson et son frère en Ohio. Jessica Le Masurier

« Quand Meaghan a été diagnostiquée diabétique de type 1 en 2000, elle devait mettre de sa poche 30 dollars environ, explique Mindi. Quand elle est morte, la même insuline coûtait 300 dollars. C’était impossible ! »

Meaghan était infirmière. « Elle était drôle, intelligente. Elle s’occupait toujours des autres », selon sa belle-sœur. En juin 2018, Meaghan a perdu une de ses assurances santé. Les couvertures obtenues grâce à ses trois autres emplois ne lui permettaient pas de se soigner. En 2018, l’infirmière a gagné 14 000 dollars et son insuline lui coûtait 800 dollars par mois, soit 60 % de ses revenus.

Le diabète, Mindi Patterson connaît bien. En plus de sa belle-sœur, ses deux fils et son mari Rockwell en sont atteints. Reconnu handicapé, Rockwell ne travaille pas et le poids financier de la famille repose entièrement sur Mindi. Pour le moment, son assurance santé prend en charge les siens mais elle a peur de l’avenir. Ses fils auront bientôt 21 ans et ne seront donc plus qualifiés pour bénéficier de sa couverture.

« Si ça ne change pas, est-ce que je vais perdre ma famille ? Et quand ? Est-ce que je devrais me préparer dès maintenant ? Sans moi, ils ne s’en sortiront pas. Et je n’ai pas les moyens financiers d’aider mes enfants quand ils sortiront de mon assurance. Je n’arriverai jamais à payer pour deux malades de type 1. Il faut que ça change. Il faut que ça change maintenant. »

Angela Lautner a trouvé une autre solution pour s’approvisionner quand elle en a besoin. Travaillant dans un aéroport, elle voyage régulièrement au Canada. Là-bas, elle achète de l’insuline bien moins chère que dans sa pharmacie locale. « Ce flacon m’a couté 22 dollars américains. Je l’ai acheté au Canada dans une pharmacie de Winnipeg, explique-t-elle. Le même médicament, acheté ici au Kentucky, coûte plus de 300 dollars. »

Besoin d’une réduction de 90 % du prix

Début mars, le laboratoire américain Eli Lilly a annoncé la sortie d’une insuline générique, vendue 50 % moins cher que son médicament phare, l’Humalog, soit 137 dollars le flacon. Eli Lilly affirme agir dans l’intérêt des patients mais selon le Dr Saini, il ne s’agit que d’un effet d’annonce : « Les malades sans assurance ne pourront pas non plus acheter ce médicament, même 50 % moins cher. Ils ont besoin d’une réduction de 90 %. Ensuite, Eli Lilly va continuer à faire payer le prix fort à ceux qui ont une assurance. Qu’est-ce que ça veut dire ? Ce qui va se passer, c’est que les malades qui ont une assurance ne verront aucun changement. En fait, le pari, c’est que s’il y a des hausses de prix, les gens s’en prendront à leurs assurances et pas aux laboratoires pharmaceutiques. »

L’opacité dans laquelle les prix des médicaments sont fixés fait réagir au plus sommet de l’État. Régulièrement, Donald Trump interpelle les laboratoires et les intermédiaires du secteur pharmaceutique, les accusant d’engranger une « fortune absolue » aux dépens des contribuables américains. Pourtant, depuis son arrivée à la Maison Blanche, les prix n’ont pas cessé d’augmenter.

Article traduit par Céline Bruneau. Pour lire l’article dans sa version originale en anglais, cliquez ici.

Traces de Dépakine chez les salariés de Sanofi

3 avril 2019

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http://www.larepubliquedespyrenees.fr/2019/03/27/traces-de-depakine-chez-les-salaries-de-sanofi-un-depute-fi-demande-une-commission-d-enquete,2533825.php

Traces de Dépakine chez les salariés de Sanofi : un député FI demande une commission d’enquête

Traces de Dépakine chez les salariés de Sanofi : un député FI demande une commission d'enquête
La production de Dépakine a repris depuis novembre dernier à Mourenx.

ATORRENT
publié le 27 mars 2019 à 9h45, modifié à9h49.

Le député Loïc Prud’homme (Gironde, LFI) réitère sa demande d’une commission d’enquête sur l’usine mourenxoise auprès du bureau de l’Assemblée nationale

Quelques jours après la révélation de traces de valproate, un des composant de la Dépakine, dans le sang de plusieurs salariés de Sanofi à Mourenx, le député girondin Loïc Prud’hommes (France insoumise) a choisi de réagir par l’intermédiaire d’un communiqué. « Alors que les populations sont exposées a plus de 140 substances différentes et qu’il est désormais notoire que l’usine ne respecte pas la réglementation en vigueur, les autorités permettent à Sanofi de poursuivre son activité et n’ont toujours pas commandé de véritable étude épidémiologique pour évaluer les risques auxquels sont exposés les salariés et les riverains« , écrit-il.

L’usine Sanofi de Mourenx est au coeur d’un scandale depuis la découverte, l’été dernier, de rejets largement au-dessus de la norme, de valproate et de bromopropane dans l’atmosphère. Depuis, des contrôles stricts ont été réalisés, avant le redémarrage de la production, en septembre, un nouvel arrêt suite à de nouveaux dépassement, puis un redémarrage complet en novembre dernier.

Depuis, des analyses ont été réalisées auprès des salariés du site, lesquelles ont révélé des traces de valproate, une des substance entrant dans la composition de la Dépakine, médicament fabriqué à Mourenx. Loïc Prud’homme avait déjà demandé il y a plusieurs mois au bureau de l’Assemblée nationale de créer sans délai une commission d’enquête sur les répercussions sanitaires et environnementales des activités industrielles sur le bassin de Lacq.

« Au vu de l’urgence », il a réitéré cette proposition, « c’est l’avenir de tout un territoire et de ses habitant.e.s qui est en jeu. »

Les jeunes du monde en lutte pour le climat

1 février 2019

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https://www.franceinter.fr/societe/les-jeunes-du-monde-en-lutte-pour-le-climat-ce-n-est-pas-orchestre-et-ca-va-durer?utm_medium=Social&utm_source=Facebook&fbclid=IwAR3yWJRH9L3x_BN41AP4VKsg2-bhqHNTxrvebA6PRvc2fyZ_VfvCT-7ffd8#Echobox=1548997892

 

Les jeunes du monde en lutte pour le climat : « Ce n’est pas orchestré et ça va durer »

Publié le vendredi 1 février 2019 à 6h05

par France Inter

La jeune Suédoise Greta Thunberg a lancé un appel à une mobilisation de tous les jeunes du monde le 15 mars prochain. Plus largement, partout dans le monde, des jeunes se mobilisent et essaient de faire bouger les dirigeants… et les adultes. Le 15 mars, renverseront-ils la vapeur ?

Jeune fille manifestant pour le climat lors du forum de Davos en Suisse le 25 janvier 2019
Jeune fille manifestant pour le climat lors du forum de Davos en Suisse le 25 janvier 2019 © AFP / FABRICE COFFRINI

Le phénomène est généralisé dans le monde, il y a même « des vétérans » de l’action des jeunes en faveur du climat, de la planète et pour plus de justice.

Si les enfants se mobilisent partout dans le monde, cela émerge surtout là où ils sont surexposés. C’est le cas en Australie, où une grève a commencé il y a plusieurs mois, et où les populations souffrent gravement de la canicule ces jours-ci. C’est le cas aussi à Bali où la jeune Melati Wijsen œuvre depuis cinq ans, avec sa sœur, et a fait entendre raison au gouvernement balinais sur la pollution par les sacs plastiques. Des pays du nord de l’Europe, au Brésil, de Colombie aux États-Unis, partout des enfants alertent les adultes et vont jusqu’à intenter des actions en justice contre leur gouvernement.

En Europe, la suédoise Greta Thunberg a ainsi créé l’événement lors de la COP24, en s’adressant directement aux invités du forum de Davos, pour rappeler l’urgence à agir plus fortement pour limiter le réchauffement climatique.

À Bruxelles, chaque semaine, les jeunes manifestants sont de plus en plus nombreux dans les rues pour réclamer des changements profonds.

Flore Vasseur est co-productrice (avec Marion Cotillard et Denis Carot) du film Bigger than us, en cours de préparation, qui raconte cette mobilisation inédite. Pour elle, ce n’est pas un phénomène éphémère. « Ce n’est pas orchestré, c’est la juste cause d’une génération car cette histoire-là c’est leur monde. Ils vont en payer les conséquences et trouver les solutions », explique-t-elle.

« C’est un mouvement qui va durer et mon pari, c’est que le fait que des enfants se mobilisent est peut-être la seule chose qui puisse mettre les adultes d’accord, puisque la sauvegarde de la nature n’est pas un facteur de consensus. L’enfance permettra peut-être de dépasser tous les clivages. C’est mon pari. »

Son film suit les pas de Melati Wijsen à la rencontre de tous les enfants en révolte pour plus de justice et pour une planète durable.

La France encore timide

Il n’y a pas encore de groupe fort en France, ni d’égérie à l’image de Melati Wijsen ou de Greta Thunberg, mais déjà une opération lancée sur YouTube le 15 novembre 2018, avec les youtubeurs les plus populaires, avait généré en un mois des défis et actions ponctuelles (ou pas) suivis par 350 000 personnes. Quelques groupes scolaires étaient venus se joindre aux défis.

Les jeunes Français n’ont pas encore pris l’habitude faire grève des cours le vendredi comme Greta Thunger. Toutefois, son appel à une journée internationale d’action le 15 mars n’est pas passé inaperçu dans les salles de classes.

Fridays For Future-France, qui vient d’ouvrir un fil Twitter avec quelques abonnés, appelle à commencer à faire grève dès ce vendredi (1er février).

Devant le succès des manifestations des jeunes Belges ces dernières semaines, à Troyes, en Champagne, un groupe promet de rivaliser avec eux prochainement.

Le club lycéen du Périgord, les idées vertes, entend aussi se mobiliser le 15 mars.

Il y a eu une tentative d’une lycéenne à Lafrançaise dans le Tarn-et-Garonne. Elle a signifié le 11 janvier à son professeur qu’elle ne travaillerait pas ce jour-là pour dénoncer « l’inaction des adultes face au réchauffement climatique ». Le principal lui a signifié qu’elle « ne pouvait pas faire grève en tant qu’élève ».

Pour Flore Vasseur, c’est une vieille manie d’adulte que de rappeler l’immaturité ou l’irresponsabilité des jeunes. « On qualifie cette génération des millenials de décérébrée, d’égoïste, de flemmarde. Mais qui sont les adultes qui ont décrété cela ? Pour moi ces qualificatifs s’appliquent aussi au monde des adultes. » Cette génération est-elle la dernière chance pour l’humanité de conserver une planète vivable ? « Je fais des portraits d’activistes depuis 15 ans, des portraits d’adultes qui s’adressent à d’autres adultes, et ça ne marche pas. Nous adultes, avons besoin de quelque chose qui viennent casser nos vieux schémas« , conclut Flore Vasseur.

Lutte de classes en France

1 février 2019

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Lutte de classes en France

https://www.monde-diplomatique.fr/2019/02/HALIMI/59568

Au mouvement des « gilets jaunes » le chef de l’État français a répondu en lançant un « grand débat national ». Ce genre d’exercice postule que les conflits sociaux s’expliquent par des problèmes de communication entre le pouvoir et ses opposants, plutôt que par des antagonismes fondamentaux. Une hypothèse hasardeuse…

par Serge Halimi & Pierre Rimbert     

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Youcef Korichi. – Sans titre, 2015
Galerie Suzanne Tarasieve, Paris

La peur. Pas celle de perdre un scrutin, d’échouer à « réformer » ou de voir fondre ses actifs en Bourse. Plutôt celle de l’insurrection, de la révolte, de la destitution. Depuis un demi-siècle, les élites françaises n’avaient plus éprouvé pareil sentiment. Samedi 1er décembre 2018, il a soudain glacé certaines consciences. « L’urgent, c’est que les gens rentrent chez eux », s’affole la journaliste-vedette de BFM TV Ruth Elkrief. Sur les écrans de sa chaîne défilent les images de « gilets jaunes » bien déterminés à arracher une vie meilleure.

Quelques jours plus tard, la journaliste d’un quotidien proche du patronat, L’Opinion, révèle sur un plateau de télévision à quel point la bourrasque a soufflé fort : « Tous les grands groupes vont distribuer des primes, parce qu’ils ont vraiment eu peur à un moment d’avoir leurs têtes sur des piques. Ah oui, les grandes entreprises, quand il y avait le samedi terrible, là, avec toutes les dégradations, ils avaient appelé le patron du Medef [Mouvement des entreprises de France], Geoffroy Roux de Bézieux, en lui disant : “Tu lâches tout ! Tu lâches tout, parce que sinon…” Ils se sentaient menacés, physiquement. »

Assis à côté de la journaliste, le directeur d’un institut de sondage évoque à son tour « des grands patrons effectivement très inquiets », une atmosphère « qui ressemble à ce que j’ai lu sur 1936 ou 1968. Il y a un moment où on se dit : “Il faut savoir lâcher des grosses sommes, plutôt que de perdre l’essentiel” (1)  ». Lors du Front populaire, le dirigeant de la Confédération générale du travail (CGT) Benoît Frachon rappelait en effet qu’au cours des négociations de Matignon, consécutives à une flambée de grèves imprévues avec occupation d’usines, les patrons avaient même « cédé sur tous les points ».

Ce genre de décomposition de la classe possédante est rare, mais il a pour corollaire une leçon qui a traversé l’histoire : ceux qui ont eu peur ne pardonnent ni à ceux qui leur ont fait peur ni à ceux qui ont été témoins de leur peur (2). Le mouvement des « gilets jaunes » — durable, insaisissable, sans leader, parlant une langue inconnue des institutions, tenace malgré la répression, populaire malgré la médiatisation malveillante des déprédations — a donc provoqué une réaction riche de précédents. Dans les instants de cristallisation sociale, de lutte de classes sans fard, chacun doit choisir son camp. Le centre disparaît, le marais s’assèche. Et alors, même les plus libéraux, les plus cultivés, les plus distingués oublient les simagrées du vivre-ensemble.

Saisis d’effroi, ils perdent leur sang-froid, tel Alexis de Tocqueville quand il évoque dans ses Souvenirs les journées de juin 1848. Les ouvriers parisiens réduits à la misère furent alors massacrés par la troupe que la bourgeoisie au pouvoir, persuadée que « le canon seul peut régler les questions [du] siècle (3)  », avait dépêchée contre eux.

Décrivant le dirigeant socialiste Auguste Blanqui, Tocqueville en oublie alors ses bonnes manières : « L’air malade, méchant, immonde, une pâleur sale, l’aspect d’un corps moisi (…). Il semblait avoir vécu dans un égout et en sortir. Il me faisait l’effet d’un serpent auquel on pince la queue. »

Une même métamorphose de la civilité en fureur s’opère au moment de la Commune de Paris. Et elle saisit cette fois de nombreux intellectuels et artistes, progressistes parfois — mais de préférence par temps calme. Le poète Leconte de Lisle s’emporte contre « cette ligue de tous les déclassés, de tous les incapables, de tous les envieux, de tous les assassins, de tous les voleurs ». Pour Gustave Flaubert, « le premier remède serait d’en finir avec le suffrage universel, la honte de l’esprit humain ». Rasséréné par le châtiment (vingt mille morts et près de quarante mille arrestations), Émile Zola en tirera les leçons pour le peuple de Paris : « Le bain de sang qu’il vient de prendre était peut-être d’une horrible nécessité pour calmer certaines de ses fièvres (4). »

Autant dire que le 7 janvier dernier, M. Luc Ferry, agrégé de philosophie et de science politique, mais aussi ancien ministre de la jeunesse, de l’éducation nationale et de la recherche, pouvait avoir en tête les outrances de personnages au moins aussi galonnés que lui lorsque la répression des « gilets jaunes » (lire « Des violences policières aux violences judiciaires »), trop indolente à ses yeux, lui arracha — sur Radio Classique… — cette injonction aux gardiens de la paix : « Qu’ils se servent de leurs armes une bonne fois » contre « ces espèces de nervis, ces espèces de salopards d’extrême droite ou d’extrême gauche ou des quartiers qui viennent taper du policier ». Puis M. Ferry songea à son déjeuner.

D’ordinaire, le champ du pouvoir se déploie en composantes distinctes et parfois concurrentes : hauts fonctionnaires français ou européens, intellectuels, patrons, journalistes, droite conservatrice, gauche modérée. C’est dans ce cadre aimable que s’opère une alternance calibrée, avec ses rituels démocratiques (élections puis hibernation). Le 26 novembre 1900 à Lille, le dirigeant socialiste français Jules Guesde disséquait déjà ce petit manège auquel la « classe capitaliste » devait sa longévité au pouvoir : « On s’est divisé en bourgeoisie progressiste et en bourgeoisie républicaine, en bourgeoisie cléricale et en bourgeoisie libre-penseuse, de façon à ce qu’une fraction vaincue pût toujours être remplacée au pouvoir par une autre fraction de la même classe également ennemie. C’est le navire à cloisons étanches qui peut faire eau d’un côté et qui n’en demeure pas moins insubmersible. » Il arrive cependant que la mer s’agite et que la stabilité du vaisseau soit menacée. Dans un tel cas, les querelles doivent s’effacer devant l’urgence d’un front commun.

Face aux « gilets jaunes », la bourgeoisie a effectué un mouvement de ce type. Ses porte-parole habituels, qui, par temps calme, veillent à entretenir l’apparence d’un pluralisme d’opinions, ont associé d’une même voix les contestataires à une meute de possédés racistes, antisémites, homophobes, factieux, complotistes. Mais surtout ignares. « “Gilets jaunes” : la bêtise va-t-elle gagner ? », interroge Sébastien Le Fol dans Le Point (10 janvier). « Les vrais “gilets jaunes”, confirme l’éditorialiste Bruno Jeudy, se battent sans réfléchir, sans penser » (BFM TV, 8 décembre). « Les bas instincts s’imposent au mépris de la civilité la plus élémentaire », s’alarme à son tour le roturier Vincent Trémolet de Villers (Le Figaro, 4 décembre).

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Youcef Korichi. – « Détail », 2012
Galerie Suzanne Tarasieve, Paris

Car ce « mouvement de beaufs poujadistes et factieux » (Jean Quatremer), conduit par une « minorité haineuse » (Denis Olivennes), est volontiers assimilé à un « déferlement de rage et de haine » (éditorial du Monde) où des « hordes de minus, de pillards » « rongés par leurs ressentiments comme par des puces » (Franz-Olivier Giesbert) donnent libre cours à leurs « pulsions malsaines » (Hervé Gattegno). « Combien de morts ces nouveaux beaufs auront-ils sur la conscience ? », s’alarme Jacques Julliard.

Inquiet lui aussi des « détestations nues et aveugles à leur propre volonté », Bernard-Henri Lévy condescend cependant à signer dans… Le Parisien une pétition, agrémentée des noms de Cyril Hanouna, Jérôme Clément et Thierry Lhermitte, pour inviter les « gilets jaunes » à « transformer la colère en débat ». Sans succès… Mais, Dieu soit loué, soupire Pascal Bruckner, « la police, avec sang-froid, a sauvé la République » contre les « barbares » et la « racaille cagoulée » (5).

D’Europe Écologie - Les Verts (EELV) aux débris du Parti socialiste, de la Confédération française démocratique du travail (CFDT) aux deux animateurs de la matinale de France Inter (un « partenariat de l’intelligence », au dire de la directrice de la station), tout un univers social s’est retrouvé pour pilonner les personnalités politiques bienveillantes envers le mouvement. Leur tort ? Attenter à la démocratie en ne se montrant pas solidaires de la minorité apeurée. Comment contrer de tels gêneurs ? User d’une vieille ficelle : rechercher tout ce qui pourrait associer un porte-parole des « gilets jaunes » à un point de vue que l’extrême droite aurait un jour défendu ou repris. Mais, à ce compte-là, devrait-on aussi encourager les violences contre des journalistes au motif que Mme Marine Le Pen, dans ses vœux à la presse, voit en elles « la négation même de la démocratie et du respect de l’autre sans lequel il n’est pas d’échange constructif, pas de vie démocratique, pas de vie sociale » (17 janvier) ?

Jamais le sursaut du bloc bourgeois qui forme le socle électoral de M. Emmanuel Macron (6) ne s’est dévoilé aussi crûment que le jour où Le Monde a publié le portrait, empathique, d’une famille de « gilets jaunes », « Arnaud et Jessica, la vie à l’euro près » (16 décembre). Un millier de commentaires enragés ont aussitôt déferlé sur le site du journal. « Couple pas très futé… La vraie misère ne serait-elle pas, dans certains cas, plus culturelle que financière ? », estimait un lecteur. « Le problème pathologique des pauvres : leur capacité à vivre au-dessus de leurs moyens », renchérissait un second. « N’imaginez pas en faire des chercheurs, des ingénieurs ou des créateurs. Ces quatre enfants seront comme leurs parents : une charge pour la société », tranchait un troisième. « Mais qu’attendent-ils du président de la République ?, s’insurgeait un autre. Qu’il se rende chaque jour à Sens pour veiller à ce que Jessica prenne bien sa pilule ?! » La journaliste auteure du portrait chancela devant ce « déluge d’attaques » aux « accents paternalistes » (7). « Paternalistes » ? Il ne s’agissait pas, pourtant, d’une dispute de famille : les lecteurs d’un quotidien réputé pour sa modération sonnaient plutôt le tocsin d’une guerre de classes.

Clarification sociologique

Le mouvement des « gilets jaunes » marque en effet le fiasco d’un projet né à la fin des années 1980 et porté depuis par les évangélistes du social-libéralisme : celui d’une « République du centre » qui en aurait fini avec les convulsions idéologiques en expulsant les classes populaires du débat public comme des institutions politiques (8). Encore majoritaires, mais trop remuantes, elles devaient céder la place — toute la place — à la bourgeoisie cultivée.

Le « tournant de la rigueur » en France (1983), la contre-révolution libérale impulsée en Nouvelle-Zélande par le Parti travailliste (1984) puis, à la fin des années 1990, la « troisième voie » de MM. Anthony Blair, William Clinton et Gerhard Schröder, ont paru réaliser ce dessein. À mesure que la social-démocratie se lovait dans l’appareil d’État, prenait ses aises dans les médias et squattait les conseils d’administration des grandes entreprises, elle reléguait aux marges du jeu politique son socle populaire d’autrefois. Aux États-Unis, on s’étonne à peine que, devant une assemblée de pourvoyeurs de fonds électoraux, Mme Hillary Clinton range dans le « panier des gens pitoyables » les soutiens populaires de son adversaire.

Mais la situation française est à peine meilleure. Dans un livre de stratégie politique, M. Dominique Strauss-Kahn, un socialiste qui a formé nombre de proches du président français actuel, expliquait il y a déjà dix-sept ans que la gauche devait dorénavant reposer sur « les membres du groupe intermédiaire, constitué en immense partie de salariés, avisés, informés et éduqués, qui forment l’armature de notre société. Ils en assurent la stabilité, en raison (…) de leur attachement à l’“économie de marché” ». Quant aux autres — moins « avisés » —, leur sort était scellé : « Du groupe le plus défavorisé, on ne peut malheureusement pas toujours attendre une participation sereine à une démocratie parlementaire. Non pas qu’il se désintéresse de l’histoire, mais ses irruptions s’y manifestent parfois dans la violence » (9).

On ne se préoccuperait donc plus de ces populations qu’une fois tous les cinq ans, en général pour leur reprocher les scores de l’extrême droite. Après quoi, elles retourneraient au néant et à l’invisibilité — la sécurité routière n’exigeant pas encore de tous les automobilistes la possession d’un gilet jaune.

La stratégie a fonctionné. Les classes populaires se trouvent exclues de la représentation politique. Déjà faible, la part des députés ouvriers ou employés a été divisée par trois depuis cinquante ans. Exclues également du cœur des métropoles : avec 4 % de nouveaux propriétaires ouvriers ou employés chaque année, le Paris de 2019 ressemble au Versailles de 1789. Exclues, enfin, des écrans de télévision : 60 % des personnes qui apparaissent dans les émissions d’information appartiennent aux 9 % d’actifs les plus diplômés (10). Et, aux yeux du chef de l’État, ces classes populaires n’existent pas, l’Europe n’étant pour lui qu’un « vieux continent de petits-bourgeois se sentant à l’abri dans le confort matériel (11)  ». Seulement voilà : ce monde social oblitéré, décrété rétif à l’effort scolaire, à la formation, et donc responsable de son sort, a resurgi sous l’Arc de triomphe et sur les Champs-Élysées (voir « Une carte qui dérange »). Confondu et consterné, le conseiller d’État et constitutionnaliste Jean-Éric Schoettl n’eut plus qu’à diagnostiquer sur le site Internet du Figaro (11 janvier 2019) une « rechute dans une forme primitive de lutte des classes ».

Brouillage idéologique

Si le projet d’escamoter du champ politique la majorité de la population tourne à la bérézina, un autre chapitre du programme des classes dirigeantes, celui qui visait à brouiller les repères entre droite et gauche, connaît en revanche une fortune inespérée. L’idée initiale, devenue dominante après la chute du mur de Berlin, en 1989, consistait à repousser aux marges discréditées des extrêmes toute position mettant en cause le « cercle de la raison » libérale — une expression de l’essayiste Alain Minc. La légitimité politique ne reposerait plus alors sur une manière de voir le monde, capitaliste ou socialiste, nationaliste ou internationaliste, conservatrice ou émancipatrice, autoritaire ou démocratique, mais sur la dichotomie entre raisonnables et radicaux, ouverts et fermés, progressistes et populistes. Le refus de distinguer droite et gauche, un refus que les professionnels de la représentation reprochent aux « gilets jaunes », reproduit en somme au sein des classes populaires la politique de brouillage poursuivie depuis des décennies par le bloc bourgeois.

Cet hiver, les revendications de justice fiscale, d’amélioration du niveau de vie et de refus de l’autoritarisme du pouvoir occupent bien le devant de la scène, mais la lutte contre l’exploitation salariale et la mise en accusation de la propriété privée des moyens de production en sont largement absentes. Or ni le rétablissement de l’impôt de solidarité sur la fortune, ni le retour aux 90 kilomètres à l’heure sur les routes secondaires, ni le contrôle plus strict des notes de frais des élus, ni même le référendum d’initiative citoyenne (lire « Qui a peur de l’initiative citoyenne ? ») ne remetttent en cause la subordination des salariés dans l’entreprise, la répartition fondamentale des revenus ou le caractère factice de la souveraineté populaire au sein de l’Union européenne et dans la mondialisation.

Bien évidemment, les mouvements apprennent en marchant ; ils se fixent de nouveaux objectifs à mesure qu’ils perçoivent des obstacles imprévus et des occasions inespérées : au moment des états généraux, en 1789, les républicains n’étaient en France qu’une poignée. Marquer sa solidarité avec les « gilets jaunes », c’est donc agir pour que l’approfondissement de leur action continue à se faire dans le sens de la justice et de l’émancipation. En sachant toutefois que d’autres œuvrent à une évolution inverse et escomptent que la colère sociale profitera à l’extrême droite dès les élections européennes de mai prochain.

Un tel aboutissement serait favorisé par l’isolement politique des « gilets jaunes », que le pouvoir et les médias s’emploient à rendre infréquentables en exagérant la portée de propos ou d’actes répréhensibles mais isolés. L’éventuelle réussite de cette entreprise de disqualification validerait la stratégie suivie depuis 2017 par M. Macron, qui consiste à résumer la vie politique à un affrontement entre libéraux et populistes (12). Une fois ce clivage imposé, le président de la République pourrait amalgamer dans un même opprobre ses opposants de droite et de gauche, puis associer toute contestation intérieure à l’action d’une « Internationale populiste » où, en compagnie du Hongrois Viktor Orbán et de l’Italien Matteo Salvini, se côtoieraient selon lui des conservateurs polonais et des socialistes britanniques, des Insoumis français et des nationalistes allemands.

Le président français devra néanmoins résoudre un paradoxe. Appuyé sur une base sociale étroite, il ne pourra mettre en œuvre ses « réformes » de l’assurance-chômage, des retraites et de la fonction publique qu’au prix d’un autoritarisme politique renforcé, répression policière et « grand débat sur l’immigration » à l’appui. Après avoir sermonné les gouvernements « illibéraux » de la planète, M. Macron finirait ainsi par en plagier les recettes…

Serge Halimi & Pierre Rimbert

(1) « L’info du vrai », Canal Plus, 13 décembre 2018.

(2Cf. Louis Bodin et Jean Touchard, Front populaire, 1936, Armand Colin, Paris, 1961.

(3) Auguste Romieu, Le Spectre rouge de 1852, Ledoyen, Paris, 1851, cité dans Christophe Ippolito, « La fabrique du discours politique sur 1848 dans L’Éducation sentimentale », Op. Cit., no 17, Pau, 2017.

(4) Paul Lidsky, Les Écrivains contre la Commune, La Découverte, Paris, 1999 (1re éd. :1970).

(5) Respectivement : Twitter, 29 décembre 2018 ; Marianne, Paris, 9 janvier 2019 et 4 décembre 2018 ; Le Point, Paris, 13 décembre 2018 et 10 janvier 2019 ; Le Journal du dimanche, Paris, 9 décembre 2018 ; Le Figaro, Paris, 7 janvier 2019 ; Le Point, 13 décembre 2018 ; Le Parisien, 7 décembre 2018 ; Le Figaro, 10 décembre 2018.

(6) Lire Bruno Amable, « Majorité sociale, minorité politique », Le Monde diplomatique, mars 2017, et, du même auteur, avec Stefano Palombarini, L’Illusion du bloc bourgeois. Alliances sociales et avenir du modèle français, Raisons d’agir, Paris, 2017.

(7) Faustine Vincent, « Pourquoi le quotidien d’un couple de “gilets jaunes” dérange une partie de nos lecteurs », Le Monde, 20 décembre 2018.

(8) Lire Laurent Bonelli, « Les architectes du social-libéralisme », Le Monde diplomatique, septembre 1998.

(9) Dominique Strauss-Kahn, La Flamme et la Cendre, Grasset, Paris, 2002. Lire Serge Halimi, « Flamme bourgeoise, cendre prolétarienne », Le Monde diplomatique, m5728502.

(10) « Baromètre de la diversité de la société française. Vague 2017 » (PDF), Conseil supérieur de l’audiovisuel, Paris, décembre 2017.

(12) Lire « Libéraux contre populistes, un clivage trompeur », Le Monde diplomatique, septembre 2018.

Soutien à l’Humanité

1 février 2019

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Pour soutenir L’Huma, c’est par ici :

https://www.donspep.caissedesdepots.fr/?journal=huma

Soutien à L’Humanité !

mercredi 30 janvier 2019

https://www.acrimed.org/Soutien-a-L-Humanite?fbclid=IwAR10ThdnuQ9KdvPcr58-sfBgN0Zm7NhRsaeGFbLYwHLQZcHcMXhnZw9WQig

Il y a quelques jours, contraint par de lourdes difficultés financières, le quotidien L’Humanité a été placé sous protection du tribunal de commerce de Bobigny. Aujourd’hui, 30 janvier, ce dernier doit rendre sa décision concernant l’avenir du journal. Notre association Acrimed affirme tout son soutien au quotidien et à l’ensemble de ses salariés, engagés dans un combat essentiel pour le pluralisme. Un appel aux dons a été lancé dans le cadre d’une « mobilisation générale », dont nous reproduisons ci-dessous la déclaration, suivie du communiqué de la section syndicale SNJ-CGT du quotidien, et de celui du SNJ. Cette mobilisation débouchera sur une soirée de soutien le 22 février à la Bellevilloise (19-21, rue Boyer), à Paris.

« Mobilisation générale pour L’Humanité » : l’appel du quotidien

Depuis plusieurs mois, nous ne cessons d’alerter sur les lourdes difficultés financières qu’affronte l’Humanité. Nous n’avons ménagé aucun effort pour les surmonter. Les lectrices et les lecteurs se sont levés en masse. En quelques semaines, plus d’un million d’euros ont été collectés grâce à leur si précieux engagement. Une nouvelle fois nous remercions celles et ceux qui y ont déjà participé et ceux qui s’apprêtent à le faire.

Cependant, nos actions n’ont pas permis jusque-là d’atteindre nos objectifs. Nous avons continué de nous heurter au refus de la mise en œuvre du plan global élaboré sous l’égide de l’État depuis la fin de l’année 2016. Aucune banque n’a voulu à cette heure s’engager à nos côtés. Dès la fin de la période des états généraux de la presse en 2015, un million d’euros ont été retirés à l’Humanité au titre de quotidien à faibles ressources publicitaires quand d’autres y accédaient sans augmentation des budgets du ministère de la Culture et de la Communication. Ces éléments ont contribué à dégrader la trésorerie de l’Humanité, notamment durant l’été dernier, alors que nous continuions à nous battre pour mettre en œuvre ce plan global. Malgré nos tenaces efforts, jusqu’aux premiers jours du mois de janvier, rien ne s’est produit.

C’est dans ces conditions que l’Humanité a été placée sous protection du tribunal de commerce la semaine dernière. Celui-ci statuera sur l’avenir de l’entreprise lors d’une audience qui se tiendra mercredi 30 janvier. Nous plaidons la continuité de l’exploitation de l’Humanité.

Il ne s’agit pas d’abord d’un enjeu comptable. C’est une question politique de premier ordre qui interroge une société soucieuse de l’expression du pluralisme des idées, de la démocratie. Au moment où tant de débats et d’inquiétudes s’expriment sur les « fabriques » de « fausses nouvelles », laisser mourir l’Humanité reviendrait à affaiblir la presse de qualité et à assécher encore plus le débat contradictoire. Au moment où les médias connaissent une telle crise de confiance, l’engagement constant de l’Humanité aux côtés des travailleurs, des milieux populaires, des « invisibles », des penseurs qui contestent le système, des créateurs qui portent haut la culture constitue un atout pour le journalisme et un atout pour l’exercice de la citoyenneté.

C’est aussi un enjeu de souveraineté pour le pays au moment où plusieurs journaux nationaux viennent ces derniers temps d’être rachetés ou recapitalisés par des groupes industriels et financiers étrangers qui lorgnent sur des activités productives de la France.

Il existe un chemin pour que vive et se développe l’Humanité. Durant l’année 2018, le nombre d’abonnés à l’Humanité et l’Humanité Dimanche a progressé et les ventes en kiosque en novembre et décembre sont bonnes. Le nombre d’utilisateurs de la plateforme numérique progresse. La Fête de l’Humanité a été un succès populaire et culturel.

Nous appelons aujourd’hui à une mobilisation exceptionnelle pour réussir.

Une multiplicité d’actions de solidarité peut être engagée dans les villes et villages, dans les entreprises, dans les universités : collecte de fonds, débats, banquets de soutien, animations de rue, campagne pour faire découvrir nos journaux…

Nous lancerons dans les prochains jours une grande campagne d’abonnements de parrainage sous le thème « À chaque lectrice et lecteur son nouvel abonné » à l’Humanité Dimanche et à l’Humanité des débats du vendredi, pour deux mois au prix de 27 euros.

Nous proposons aux élus progressistes et républicains de contribuer à donner leur juste place à nos journaux dans les bouquets de presse des bibliothèques et médiathèques, comme dans les lieux d’accueil au public.

Nous appelons l’État à prendre de nouvelles initiatives pour défendre le pluralisme de la presse, à augmenter l’aide aux quotidiens à faibles ressources publicitaires, à ne pas démanteler les fondements de la loi Bichet de distribution de la presse.

Dès maintenant, nous plaçons l’Humanité sous protection populaire et citoyenne.

Dans ce cadre, une grande soirée de mobilisation et de solidarité pour l’Humanité aura lieu le vendredi 22 février à la salle la Bellevilloise, à Paris. Une multitude de personnalités ont déjà annoncé leur participation en faveur de cette mobilisation.

Une grande bataille pour sauvegarder et développer l’Humanité doit s’engager. Une des composantes historiques de la presse française ne saurait disparaître.

Patrick Le Hyaric, directeur de L’Humanité

« Mobilisation pour L’Humanité » : le communiqué de la section SNJ-CGT de L’Humanité

Saint Denis, le 26 Janvier 2019

L’Humanité est un bien précieux. Précieux pour les citoyens pour comprendre le monde et avoir les moyens de le transformer. Précieux pour ceux qui souffrent de l’oppression. Précieux pour ceux qui luttent au quotidien contre les injustices, les inégalités et les discriminations. Un bien précieux qui occupe une place singulière, celle du dernier quotidien indépendant des grands groupes.

En 2019, ce bien précieux est en danger comme jamais. Les mutations technologiques dans la presse, le changement des habitudes de lecture mais aussi le besoin d’innovation éditoriale exigent des moyens.

Devant l’impossibilité de faire face à d’importantes difficultés financières, l’Humanité s’est placée sous protection du Tribunal de commerce de Bobigny. Une audience aura lieu le 30 janvier pour décider de l’avenir de l’entreprise et d’une procédure de continuation de l’exploitation.

Nous sommes convaincus que notre journal joue un rôle singulier dans le paysage médiatique.

Les salariés de l’Humanité savent ce qu’ils doivent aux lecteurs et à leur soutien indéfectible. Nous sommes résolus pour notre part à nous battre pour que le journal fondé par Jean Jaurès continue de remplir sa mission en 2019. Ce sont de nouveaux défis qu’il nous faut relever. Nous y sommes prêts. Mais le pluralisme de la presse est un enjeu démocratique, et l’État doit prendre ses responsabilités pour l’assurer. Nous sommes convaincus que notre journal joue un rôle singulier dans le paysage médiatique.

Chaque jour nous avons à cœur de faire entendre cette voix singulière et de la faire vivre avec nos lecteurs. Aujourd’hui, l’Humanité a besoin de la mobilisation de tous. Nous appelons tous ceux qui sont attachés aux valeurs démocratiques et républicaines, tous ceux qui portent haut les valeurs de justice sociale à se joindre à nous pour écarter les menaces.

Souscrivez, faites un don, abonnez-vous ou abonnez vos proches, achetez nos journaux en kiosque, partagez ses articles et vidéos sur les réseaux…

Et venez nombreux porter cette voix lors des Six heures pour L’Humanité, le 22 février à la Bellevilloise.

Comme toujours, notre nombre fera notre force.

« L’Humanité est un bien commun » : le communiqué du SNJ

Le tribunal de Commerce de Bobigny doit se prononcer ce mercredi sur l’avenir de la Société Nouvelle du journal L’Humanité. Pour le Syndicat national des journalistes, et notamment sa section syndicale implantée à L’Humanité, la voie de la continuation de l’activité, défendue par la direction comme par les représentants des salariés, doit être l’occasion d’un sursaut collectif qui permette la construction d’un modèle économique et éditorial innovant pour le journal de Jaurès.

Premier syndicat de la profession, le SNJ soutient la démarche et le combat des salariés, déterminés à sortir L’Humanité d’une logique de survie permanente, pour enfin lui permettre de bâtir et consolider sa pérennité. Alors que les plans stratégiques accumulés ces dernières années par la direction du journal, axés sur la baisse continue de la masse salariale et des moyens alloués aux reportages, n’ont pas trouvé les débouchés escomptés, seule l’ambition d’un enrichissement éditorial, par l’amélioration des contenus et de la diffusion, rendra L’Humanité plus indispensable encore au débat démocratique.

Autant de chantiers qui ne peuvent se passer d’une réflexion commune à l’ensemble des équipes de L’Huma, trop peu consultées jusqu’ici, mais qui doit aussi s’ouvrir aux énergies extérieures. L’afflux de témoignages de soutien ces derniers jours le démontre : une réelle recapitalisation populaire, qui dépasse le simple appel aux dons, est possible.

L’Humanité jouit d’une sympathie et d’un engagement à nuls autres pareils de la part de ses lecteurs, qu’ils soient militants politiques, associatifs, intellectuels, artistes ou simples citoyens attachés au pluralisme des médias. A travers le statut d’entreprise solidaire de presse que le journal a adopté depuis 2016 ou via d’autres canaux à inventer, ces amis et ces soutiens de L’Humanité auraient toute leur place comme actionnaires du journal, afin de mettre enfin réellement et durablement le journal sous protection populaire.

Sans dédouaner l’Etat qui, à travers un régime d’aides à la presse rééquilibré revendiqué par le SNJ, doit préserver et développer le pluralisme, il s’agit de générer une dynamique collective permettant d’apporter les fonds nécessaires à la survie de L’Humanité, et de garantir un meilleur partage du pouvoir entre les propriétaires d’un titre qui, dans les faits, n’appartient à personne, ou mieux : il appartient à tous ceux qui veulent croire toujours à l’émancipation collective, à la justice sociale et à la paix dans le monde. Fondée par Jean Jaurès en 1904, L’Humanité n’est pas qu’un monument en péril du patrimoine de la presse française et mondiale. L’Humanité est un bien commun.

Pour soutenir L’Humanité :
- Participez à la souscription
- Abonnez-vous
- « Six heures pour L’Humanité », rendez-vous à la grande soirée de soutien organisée le vendredi 22 février à la Bellevilloise (19-21, rue Boyer, Paris 20e), à Paris.

Recadrage!!!

1 février 2019

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Les inégalités : terreau de la colère des gilets jaunes

24 janvier 2019

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https://www.oxfamfrance.org/actualite/les-inegalites-terreau-de-la-colere-des-gilets-jaunes/

Les revendications des gilets jaunes sont multiples, disparates parfois contradictoires et certains de leur mode d’expression très contestables. Mais les manifestants et celles et ceux qui les soutiennent partagent une colère commune : les inégalités en France sont devenues insupportables car elles enferment les plus pauvres dans la précarité sans perspective d’en sortir.

Les inégalités ne sont pourtant pas une fatalité

Au-delà de la question de la taxation du carburant et du rejet d’un impôt auquel ils estiment  contribuer sans constater d’amélioration de leur qualité de vie en retour, c’est bien un profond sentiment d’injustice qui s’exprime. Le sentiment que la minorité des plus aisés ne payent pas autant d’impôt qu’elle devrait, pendant qu’une majorité paye le prix fort. Le sentiment que les politiques publiques ne permettent pas d’améliorer les conditions de vie des plus pauvres et de réduire les inégalités.

Oxfam dresse ce constat des inégalités depuis des années et pousse les responsables politiques à agir contre ce fléau qui menace la lutte contre pauvreté, mine la cohésion sociale et nuit à la prospérité de tous. Les inégalités ne sont pas une fatalité, il existe des solutions pour les combattre. En France, trois mesures prioritaires permettraient de répondre à la colère actuelle :

  • Rétablir un impôt sur la fortune (ISF) et stopper l’augmentation des impôts injustes comme la TVA et la CSG ;
  • Réduire significativement les écarts de salaires au sein des entreprises ;
  • Prendre des mesures décisives contre l’évasion fiscale – manque à gagner considérable pour financer des services publics de qualité – en commençant par établir une liste crédible des paradis fiscaux.

Réforme fiscale : les pauvres en paient l’impôt cassé

La France n’échappe pas à la crise mondiale des inégalités. Le fossé entre les plus riches et les plus pauvres est profond. 10 % des Français les plus riches détiennent plus de la moitié des richesses du pays. La France est le pays au monde où les entreprises cotées en bourse reversent la plus grande part de leurs bénéfices en dividendes aux actionnaires et le deuxième pays au monde avec la plus forte progression des millionnaires en 2018.

La réforme fiscale mise en œuvre par Emmanuel Macron fin 2017 ne va faire qu’accélérer cette tendance, en réduisant dans des proportions inédites les impôts des Français les plus aisés et des grandes entreprises.

Il y a un an, Oxfam publiait en effet un rapport sur l’impact de la réforme fiscale sur les inégalitéset révélait que les 10 % les plus riches devraient bénéficier d’une hausse de revenus au moins 18 fois plus importante que les 10 % les plus pauvres, pendant que les contributions fiscales des entreprises seraient largement réduites alors que leurs bénéfices explosent.

La suppression de l’ISF (impôt sur la fortune), la mise en place de la « flat tax » (plafonnement de la taxation du capital à 30 %), l’augmentation de la CSG, la réduction de l’impôt sur les sociétés, sont des mesures qui bénéficient uniquement aux Français très aisés et qui privent l’Etat de ressources essentielles pour investir dans des services publics de qualité :

  • La suppression de l’ISF coûtera au moins 3,2 milliards d’euros chaque année à l’Etat, c’est plus de 8 fois le montant de la baisse des APL (aides au logement).
  • La mise en place d’un prélèvement forfaitaire unique (PFU) sur le capital (ou flat tax) devrait coûter 4 milliards d’euros à l’Etat, soit presque autant que la baisse annuelle prévue dans le budget du logement à l’horizon 2019.
  • La baisse de l’impôt sur les sociétés de 33 % à 25 % pourrait à terme diviser par deux les recettes de l’impôt sur les sociétés et coûter entre 15 et 17 milliards d’euros par an à l’Etat français.

Nous montrions aussi une augmentation forte et continue depuis 20 ans des impôts dit régressifs –   la TVA et de la CSG – car touchant en plus forte proportion les ménages les plus pauvres, et dans le même temps une réduction considérable des impôts progressifs –  comme l’impôt sur les sociétés, et la suppression des tranches supérieures de l’impôt sur le revenu.

En savoir plus sur le rapport Réforme fiscale : les pauvres en paient l’impôt cassé.

Les 1% des plus riches : de loin les grands gagnants de la politique fiscale actuelle

Le diagnostic d’Oxfam a été confirmé par une étude récente de l’Institut des politiques publiques (IPP). Le graphique ci-dessous est saisissant. Les ultras-riches – les 1 % –  sont de loin les grands gagnants de la politique fiscale d’Emmanuel Macron. Et à l’extrémité, les ménages les plus modestes sont les grands sacrifiés : familles monoparentales (des femmes travailleuses pauvres essentiellement), étudiants dont un sur cinq vit sous le seuil de pauvreté, chômeurs, petits retraités, etc. que l’on condamne à ne pouvoir sortir de leur précarité.Les inégalités : terreau de la colère des gilets jaunes dans Presse IPP-r%C3%A9forme-budg%C3%A9taire_Macron_France-2017-1

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La lutte contre les inégalités : grande cause d’Emmanuel Macron. Vraiment ?

Le système fiscal est l’un des outils les plus efficaces à disposition des Etats pour réduire les écarts de richesses. Pour cela il faut que fiscalité soit progressive : chacun doit contribuer à sa juste part, plus vous êtes riche, plus vous pouvez être mis à contribution et plus vous devriez l’être. Ainsi on revient au rôle premier de l’impôt : redistribuer les richesses entre les plus riches et les plus pauvres, financer des services publics de qualité, indispensables dans la lutte contre les inégalités, et sortir 8,8 millions de personnes de la pauvreté.

Les grandes entreprises ont également un rôle à jouer pour réduire les inégalités. Il est indispensable que les grandes entreprises partagent mieux les richesses qu’elles créent entre dirigeants, salariés et actionnaires. Les versements record de dividendes, les écarts vertigineux de salaires et l’évasion fiscale alimentent gravement une spirale infernale des inégalités.

Enfin, la justice fiscale c’est s’attaquer efficacement à l’évasion fiscale, manque à gagner considérable – entre 60 et 80 milliards d’euros par an en France –  pour assurer des services publics essentiels comme la santé, l’éducation, les transports. Quand les multinationales et les grandes fortunes ne paient pas leur juste part d’impôts, l’impact n’est pas seulement financier, il est également humain.

Face à la colère et à la mobilisation des gilets jaunes, des solutions concrètes existent pour lutter contre les inégalités

Le Gouvernement se trouve désormais à un tournant et doit faire le choix d’une politique fiscale et de décisions économiques au service du plus grand nombre, des plus pauvres, des classes moyennes, des zones rurales, des territoires d’Outre-mer et non d’une infime minorité !

Oxfam formule aujourd’hui trois demandes prioritaires auprès du Gouvernement et du président de la République :

  • Rétablir un impôt sur la fortune (ISF) et stopper l’augmentation des impôts injustes comme la TVA et la CSG ;
  • Réduire significativement les écarts de salaires au sein des entreprises ;
  • Prendre des mesures décisives contre l’évasion fiscale – manque à gagner considérable pour financer des services publics de qualité – en commençant par établir une liste crédible des paradis fiscaux.
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